Patronymie
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Qu'est-ce qu'un patronyme ? Le patronyme , à lui seul, ne permet pas de distinguer un individu d'un autre à l'intérieur d'une même famille, d'où l'adjonction d'un pré-nom. Il n'est pas sans intérêt de connaître les différents systèmes anthroponymiques qui ont précédé le nôtre, dans la mesure où les différents systèmes s'éclairent entre eux.
Ainsi les
Romains, qui, pour leur précision, mériteraient la palme des
généalogistes, portaient 3 noms : Au centre: le
"gentilice" correspond sur notre arbre généalogique, à notre
lignée - César appartenait à la grande famille des JULES, dont
l'origine remontait à la plus haute époque, puisqu'elle descendait de
IULE, le fils d'Enée, le prince troyen. En 52 av.J.C. notre
Caïus Julius Caesar battit
Vercingétorix et conquit la Gaule!
Vème - VIème siècle : les Grandes Invasions - nouveau bouleversement
Wisigoths, Burgondes, Alamans, Saxons, et surtout Francs déferlent sur la
Gaule romanisée. Certes, il ne faut pas imaginer ces envahisseurs comme
des armées de guerriers ( à l'exception des Huns qui, eux, furent
repoussés), mais plutôt comme des nomades qui suivaient les grands axes de
pénétration, à la recherche de terres, avec chariots, femmes, enfants et
bétail. Une nouvelle fois, la culture des envahisseurs va l'emporter et
c'est le retour au nom unique, d'origine germanique, cette fois. Ce nom
unique donné à la naissance va prendre une signification toute
particulière, car à partir du IIIème siècle le christianisme va se
répandre rapidement et l'enfant - par son baptême - va être placé sous la
protection d'un saint ou d'une sainte dont il portera le nom ( ... et non
pas le pré-nom ! - ce qu'il ne deviendra que beaucoup plus tard - puisque
ce nom est unique !)
Le système du nom (de baptême) unique ne pouvait
pas perdurer. Il se heurtait d'autant plus aux homonymies que le registre
des saints - qui servait de référence ( sans être une obligation, il ne le
sera qu'au concile de Trente... en 1563 !)- était
réduit. Les rois furent les premiers à revenir à la pratique du surnom,
signe - par cette particularité - d'un ancrage dans l'Histoire
!
Pépin d'Héristal (+ 714) (origine géographique = Herstal, près de
Liège en Belgique)
L'origine des patronymes est bien connue des généalogistes, il nous semble
toutefois important d'insister sur certains faits linguistiques. Le patronyme, transmis oralement, était transcrit sur les actes en latin, un latin vulgaire souvent éloigné du latin classique. Hugues, par exemple, est d'origine germanique ( Hug = intelligence ). Les clercs vont lui donner une forme latine suivant la déclinaison : Hugo au nominatif, Hugon(em) à l'accusatif. Nous avons donc trois formes à l'origine : Hug, = Hue Hugo (cas sujet) Hugon (cas régime). A partir de ces trois racines, les formes iront en se multipliant pour donner un grand nombre de dérivés. Les
premières duplications vont indiquer la filiation. Ex : Claudius filius
Petrus, puis par simplification le génitif remplace filius, d'où Claudius
Petri, ce qui reviendrait aujourd'hui à Claude PIERRE.
Les
sobriquets méritent une mention spéciale. Il semble bien que les
sobriquets aient toujours existé et que, depuis la nuit des temps, tel ou
tel individu pouvait être désigné dans sa communauté d'origine, par une
particularité qui le distinguait des autres : le bossu, le roux etc. Le
surnom va apparaître dans les textes les plus anciens pour éviter une
confusion possible : X qui vocatur Y (X qui est appelé Y), ou qui
cognominatur (qui est surnommé), quem vocant ( que l'on appelle ); peu à
peu la formule sera plus simplement exprimée X vel Y (ou bien) X, dictus
Y (dit) etc. Dans tous les cas, le nom " officiel" en quelque sorte
demeure le nom de baptême, le surnom n'intervient que ponctuellement et
n'est pas forcément repris dans un acte postérieur. Peu à peu, le nom de
baptême et le surnom vont se trouver juxtaposés et par la suite, le nom de
baptême sera perçu comme un prénom, le surnom devenant un nom de famille
héréditaire. Enfin, nous tenons à insister sur un fait linguistique majeur, - que nous ne pouvons malheureusement pas quantifier de façon précise, - les noms de baptême, uniques avant l'apparition des surnoms, ont perduré à travers les siècles et constituent aujourd'hui le stock le plus important des noms de famille. Faut-il penser avec Dauzat que cette fixation tient au fait que le nom de baptême était porté de père en fils ? Il suffit de constater les litanies de Louis, de Nicolas, etc. dans une même famille pour s'en convaincre. Peut-être, - mais nous ne le pensons pas vraiment. Ce serait plausible si les familles n'avaient eu qu'un enfant... Nous serions plutôt tenté de penser que les surnoms sont nés de la nécessité d'éviter toute confusion dans un acte juridique précis. C'est pourquoi le juriste a tout d'abord fait appel à l'origine géographique : microtoponyme ( du Val, du Bois) nom de cité ( de Villeneuve, de Bourges ) de province ( Touraine, ou l'adjectif correspondant Tourangeau, Breton quand la personne se trouvait expatriée ),etc. puis le juriste a cru bon de préciser la nature des biens possédés, ce qui s'est appliqué principalement à la noblesse d'épée ( Aubert (nom de baptême) devenu Aubert du Petit-Thouars ), pour la bourgeoisie des villes, rien de plus facile que de désigner tel individu concerné par son métier : Tisserand, Tissier, Tixier les graphies variant selon le dialecte et la période de fixation. Le sobriquet a été utilisé quand la personne se distinguait par un "trait" caractéristique pertinent (encore faut-il préciser que bien des sobriquets sont restés la propriété d'un seul individu et ne sont passés à la postérité que lorsque la loi a imposé l'hérédité du nom de famille. Et puis, il y a eu la masse des individus qui ont conservé leur nom de baptême parce qu' aucune nécessité ne s'imposait. Certes, ces noms de baptême se sont différenciés en noms composés, dérivés, hypocoristiques etc. Nous nous proposons de les étudier dans un article que nous consacrerons aux " prénoms, ex-noms de baptême ".
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