


l'anthroponymie en Bas-Berry au XVème siècle

seigneurie de Diors - 36
| A | B | C |
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ANTOINE Jehan AUBIJOIE(-oue) André " Jehan AUROUER Guillaume |
BEAUDOULX
Etienne " Jehan BEAUFILS Colas Macé " Macé le Jeune " Guillaume " Estienne BEAUVOIS Estienne BERNARD Pierre " Estienne BERTRAND Guillaume BOIS-RAVIERS de Marc BONNET Jehan " Marquet BOUCAUT Estienne " Jehan BOUCHART Michau BOUTALON Marquet BOUTALON(NE) Jehanne BOUTEILLER Jehan " Pasquaud (caud) BRUNET André BUREAU Jehan BURGAT Guillaume " Jehan |
la CASPINE la CATHIN CHALUZET Jehan " Macé |
| D | E | F |
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DABLOUR
Jehan " Lég(i)er " Simone DAILLAT Denis DALUET alias de JEU Estienne " (de Seu) Jehan DAUGERAY la dame DECHINIERS Macé DOUHAUT le DOULX BIEN ASSIS DUCELLIER Jehan (Dusollier) DUMOUSTIERS Pierre DURANT |
FAUCILLON
André " Simon FERRANT Macé FLORAT Mathurin |
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| G | H | I - J - K |
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GARON (-ZON) Jehan GENESTET de Jehan GODIN Estienne " Jacquette GORRICHON Jehan " Martin GOUJAT André " (le) Estienne GRELET le GROS JEHAN dit Bouteiller GROSSE-TESTE Guillot GUERIN Pierre GUILLOT Estienne GUILLOTIN (-ton) Guillaume " Estienne GUILLOTON de laGUILLON Martin GUYARD André GUYON Philippe |
HERAULT André |
JARRICART
Guillaume JEHANNIN Estienne |
| L | M | N |
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LAMDAT
Guillaume (LABIJOIE cf.AUBIJOIE) LARDILLET Jehan LAURENT Jehan " André " Estienne " Marquet LEFRERE Louis LIMOSIN Jehan LOIRBLANC |
MACE (t)
Jehan " alias DABLOUR " MARQUAULT dit BOYSNET Jehan MARQUET " le petit Marquet MARTIN Vincent MINES Pierre MOREAU Macé " Jehan " dit maistre Jehan MORELLE Jehanne " Guillemette |
NAUDIGER Jehan NERAUT Jehan NIEUL de Fouquet |
| O | P | Q |
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PECHERAT Jehan PELE Martin PESCHOT de Beaumont PREPETER |
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| R | S | T |
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RABION Michau la REQUILLE RICART Adam le ROUSSEAU de RULAT André |
SAINT-MOR
de Jehan SAU(ss)(c)ILLON Simon SENESCHAULT Jehan " Pierre " Perrot SIBAULT Denis SOUCHIER(e) Jehanne |
TAB(o)UREAU
Jehan TARABERT Estienne T(H)EVENIN le TISSIER de |
| U - V | W - X | Y - Z |
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VAILLANT
Jehan " Estiennette " Jehan dit Jehan DENIS VERGIER Philippe VIGNAULT Jehan VILLATTE Jehan |
Individus : 117 Patronymes : 89 R {I/P} = 1,31
| PRENOMS | ||
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Adam André Colas Denis Estienne Guillaume Jehan Lég(i)er Louis Macé Marc Martin Mathurin Micheau Pascaud Philippe Pierre Simon Vincent |
1 8 1 1 12 7 33 1 1 5 1 3 1 2 1 2 5 2 1 ___ 88 |
Estiennette 1 Guillot 1 Guillemette 1 Jacquette 1 Jehanne 3 Marquet 4 Perrot 1 Simone 1 ____________ + 13 = 101 |
I.avec prénoms : 101
sans prénoms : 16 nb de
prénoms : 20
R {Ip/P} = 5
CONCLUSIONS
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Remarque : l'écriture et l'orthographe du clerc chargé de rédiger le parchemin étaient probablement loin d'être parfaites; le copiste chargé de recopier le parchemin, à la fin du XIXème s. n'a pas fait preuve de plus de rigueur, recopiant certains mots en français moderne, ajoutant des accents où il n' y en avait pas, supprimant des lettres et ne cherchant pas à déchiffrer des noms qu'il lisait mal: ainsi, il est probable que du SOLIER et DUCELIER soient un même personnage. Ces réserves faites, le document présente un intérêt considérable, puisqu'il donne un état précis des patronymes à une date et un lieu donnés, à une époque où les registres de catholicité n'existaient pas. |
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Les noms de baptême, devenus prénoms, après l'adjonction d'un surnom, sont rares : 20 prénoms pour 101 individus. Or, à lui seul Jehan est porté par 37% des hommes recensés! C'est dire combien il devenait indispensable de compléter les noms de baptême par un ajout afin d' éviter les confusions. Les autres prénoms "à la mode en ce début du XVème s. : Estienne, Guillaume, André. A remarquer la présence de prénoms et d'hypocoristiques aujourd'hui disparus : Macé, Léger, Perrot, Marquet, Pascaud. Nous ignorons les raisons de la popularité de ces noms de saints: aucun d'entre eux n'étant patron d'une paroisse; n'apparaît pas davantage l'influence des noms portés par les rois comme le seront plus tard les Henri et les Louis. |
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Certains patronymes pérennisent tout simplement le nom de baptême ANTOINE - BERNARD - BERTRAND - CLEMENT - LAURENT - MARTIN auxquels on peut ajouter des noms de saints moins connus aujourd'hui mais honorés au Moyen Age : BONNET evêque de Clermont au VIIème s. FLORAT,forme masculine de FLORE, martyre espagnole du IXème s. Certains noms de baptême ont pris des formes hypocoristiques, peut-être pour différencier les cadets des aînés: JEHANNIN - petit Jean MACE - forme populaire de Matthieu MARQUET - avec renforcement du diminutif : le petit Marquet T(H)EVENIN - forme ancienne d'Estienne après aphérèse (Es)teven, comparer les formes modernes Steve, Steven A noter l'évolution de GUILLAUME > avec apocope à la finale ,GUILLE > d'où le diminutif GUILLON > et l'hypoc. GUILLOTON , d'où l'accumulation des Guillaume : Guillaume GUILLOTON, et Martin GUILLOTON de la GUILLON Marie-Th.Morlet (Dictionnaire étymologique des noms de famille,P.1991) distingue GUILLON (de Guillaume - germanique Willhelm) GUYON (germ.Wido), GUYARD (germ. Withard), ces trois patronymes se retrouvent dans une même communauté, mais la méconnaissance de la prononciation et les variantes orthographiques sur un même document ne nous permettent pas de faire cette distinction. |
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Autre procédé courant, l'ajout au nom de baptême d'une précision d'ordre géographique : LIMOSIN, pour Limousin avec article sous-entendu : Jehan le Limousin; les transfuges d'une province voisine étaient suffisamment rares pour être soulignés. La précision topographique peut révéler un titre de noblesse: de NIEUL, le fief de Jehan Fouquet de Nieul était situé à 4 km de Diors, lui même tenait son fief d'un autre Jehan de SAINT-MOR (auj.St-Maur) autre seigneurie située dans les faubourgs de Châteauroux. Formation identique, mais sans aucune indication d'ordre nobiliaire Estienne de JEU (noté à tort alias de Jau ou Estienne Deseu) sans que nous puissions savoir s'il s'agit de Jeu-Maloches ou Jeu-les-Bois deux localités proches de Diors. De même : Jehan DE VILLEMARTIN, un hameau de Coings (le Jehan en question n'a parcouru que quelques centaines de mètres! Macé DECHINIERS, que le scribe aurait dû écrire DE CHIGNAY, autre hameau de Diors. Origine plus vague : Pierre DUMOUSTIERS, du Moustiers renvoie à un Moustier, mais lequel ? aussi difficile à localiser Marc DE BOIS-RAVIERS. On peut comprendre : DE GENESTET, qui habite un lieu planté de genêts; VILLATTE, qui habite un petit domaine (villa) BEAUVOIS, pour Beauvoir, qui habite un lieu sur une hauteur d'où la vue est belle; mais ce ne sont là que pures spéculations. Ces quelques exemples ont au moins le mérite de montrer que la préposition [de] placée devant un patronyme est loin d'attester une quelconque appartenance à la noblesse. Marquault de Boysnet introduit une nouvelle catégorie : celle des noms de métiers |
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Avec l'ajout DE BOYSNET, MARQUAULT nous fait penser qu'il s'agit moins d'un diminutif de MARC, que de l'activité d'un "marqueur" d'arbres : "marquer" (de merchier) signifiait "faire une marque sur un objet pour le distinguer d'un autre", "un marqueur de bois net" (ici,l'ajout de Boysnet, était laudatif), une activité importante, la forêt de Diors était estimée à 600 arpents soit approximativement 300 hectares. Parmi les autres activités : BOUTEILLER, marchand de bouteilles, ou échanson (au château?); DU CELLIER , le préposé au cellier; FERRANT, celui qui garnit de fer les sabots d'un animal; SAUCILLON, celui qui est préposé aux sauces, valet de cuisine; REBION, diminutif de RAVIER, producteur et marchand de raves; VERGIER, l'arboriculteur qui possède un verger et vit de ses fruits; VIGNAULT, un vigneron, on trouvait aussi la forme Vigner, Veigner. On ne peut s'étonner que les noms de métiers soient rares dans une communauté essentiellement rurale, où les paysans étaient pour la plupart journaliers ou hommes de bras. Les trois derniers cités soulignent précisément des "spécialistes" et les premiers ont probablement eu leurs ancêtres éponymes, employés à la cour du seigneur.
LUMIEUR et FAUCILLON
sont-ils des noms de métiers ou des sobriquets ? |
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| Le dernier groupe de patronymes concerne les noms issus d'un substantif (ou d'un adjectif substantivé) indiquant une qualité, physique ou morale, ou parfois une activité, quand celle-ci - comme dans les exemples précédents- tourne à la dérision, ce qui est probablement le cas avec SENECHAULT et GOUJAT. un SENECHAL est un officier chargé de la surintendance, fonction qui ne peut être attribuée aux modestes occupants du chezeau de Montvrier ! Peut-être la moquerie s'adressait-elle à quelqu'un qui se donnait des airs de grandeur, ou à quelqu'un qui voulait tout régenter. un GOUJAT n'a pas au départ un sens péjoratif, il désigne un valet qui porte un gouge (une sorte de serpe au bout d'un long manche pour débroussailler les haies), ce valet était le plus souvent un jeune inexpérimenté; par glissement de sens , goujat a fini par désigner une personne malpropre. Cette acception est attestée dans les textes littéraires du XVIème, mais avant de figurer dans un texte, le sens s'est d'abord imposé dans la langue populaire. De plus ,Goujat est précédé de l'article [le]. Comme plusieurs exemples nous le suggèreront ci-dessous, [le] a, ici, plus une valeur démonstrative (donc péjorative), plus proche de son origine latine [ille], que de la valeur édulcorée d'un simple déterminatif. Le malheureux AUBIJOIS est orthographié tour à tour AUBIJOUE - AUBIJOIE - LAUBIJOIE..... ce qui traduit le désarroi du scribe qui ne comprenait le sens de ce patronyme, il s'agit probablement de L'ALBIGEOIS dont on affligeait les hérétiques. LE FRERE, avec l'article péjoratif, est-il un moine défroqué, ou plus simplement un faux-frère ? BEAUFILS désigne- t-il un lien de parenté, ou un éphèbe ? et BEAUDOULX est-il une personne au physique et au caractère agréables ou par antiphrase, une personne laide et acariâtre ? PESCHOT doit avoir un rapport avec la pêche, mais le suffixe [ -ot] nous donne à penser qu'il s'agit peut-être d'un "petit" pêcheur, c'est-à-dire d'un "mauvais pêcheur" ? et PESCHERAT est-il un pêcheur de poisson ou un pêcheur devant l'Eternel ? Un MOREAU est basané comme un Maure, la vie au grand air trahit ainsi le paysan par opposition au bourgeois. NERAUD, pour Noiraud, et BRUNET trahissent une couleur de cheveux et PELE ne peut pas cacher qu'il est chauve. Un GRELET est un chétif, un avorton, GORRICHON est aussi malpropre qu'un goret, qu'un porc, mais LOIRBLANC, faut-il lui accorder une chevelure blanche comme le ventre d'un loir? faut-il en faire un dormeur impénitent? les deux ? ou lui accorder la rareté que l'on accorde au "merle blanc"? Et DURAND, adjectif verbal ou participe présent (cf.Rioland/Riolant) du verbe [durare = qui dure], était-il un personnage robuste, endurant, persévérant ou obstiné, têtu ? On mesure combien il est difficile d'interpréter les patronymes tant que l'on ignore les circonstances dans lesquelles l'ancêtre éponyme a été "baptisé"! |
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Le terrier relevant les noms des chefs de familles soumis à redevances, les femmes sont peu nombreuses à être dénommées : 11. L'examen du corpus n'est pas sans intérêt. Elles n'ont qu'un nom de baptême et le scribe a recours à un degré de parenté: - Estiennette, fille de feu Jehan VAILLANT - Léger DABLOUR pour sa fille Simone - Jacquette, femme de Estienne GODIN Elle peut avoir un patronyme, le nom de baptême n'est pas exprimé par déférence - la dame DAUGERAY (de + localité) Les patronymes s' accordent au féminin et deviennent matronymes: - Jehanne SOUCHIER-E Jehanne BOUTALON-NE - Jehanne et Guillemette MORELLE (féminin de MOREL pour MOREAU)
Elles
peuvent aussi être affublées d'un sobriquet, précédé d'un article
péjoratif (cf.ci-dessus: goujat) |
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