(2) l'anthroponymie en Bas-Berry au XVème siècle
1433: partage des biens de Pierre de Graçay

 Les NOMS MASCULINS

NOMS   MASCULINS
(prénoms actuels)

Total

 NOMS

Diors

Sauveterre

Chabris

 

 

nb

%

nb

%

nb

%

1

Adam

1

 

 

 

--

 


1

Aimery
              Méry


--

 


1

 

 

 

16

André

11

5.8

5

1.5

--

 

2

Antoine

2

 

--

 

--

 


1

Benjamin
           Jamet

--
--

 

--
1

 

--
--

 

1

Benoist

--

 

1

 

--

 

2

Bernard

1

 

1

 

--

 

1

Berthommier

1

 

--

 

--

 

1

Bertrand

--

 

1

 

--

 


1

Brice
           Brisset

--
--

 

--
1

 

--
--

 

2

Clément

1

 

1

 

--

 

18

Denis

8

4.2

8

2.4

2

 

3

Durant

3

 

--

 

--

 


1

Elie
            Hélion

--
--

 

--
1

 

--
--

 

46
1
1

Estienne
         
Estèves
        Thévenin

14
1

7.4

24
--
1

7.2

8

6.1

1

Eustache

--

 

1

 

--

 

1

François

--

 

1

 

--

 

1

Franquelin

--

 

1

 

--

 

4

Geoffroy

1

 

2

 

1

 

1

Georges

1

 

--

 

--

 

1

Gilbert

1

 

--

 

--

 

1
6

Gilles
             Gillet

1
--

 

--
3

 

--
3

 


1
1

Gérard
           Girard
           Girault

--
1
--

 

--
1
1

 

--
--
--

 

87
6
6
1

Guillaume
      Guillemin
  Guillot-Guyot
            Guyon

13
--
3
--

6.9

48
6

3
1

14.4

26
--
--
--

20

4

Hervé

 

 

3

 

1

 

2
1
1
1

Hugues
           Huguet
        Huguenin
              Huet

1
--
1
--

 

1
1
--
1

 

--
--
--
--

 

1
1
1

Jacques
          Jacquet
            Cottin

--
--
--

 

1
1
1

 

--
--
--

 

234
3
2
2

JEAN
       
Jehannet
        Johannet
          Jeannin

56
--
--
2

29.9

114
3
2

--

34.3

64
--
--
--

49.2

2

Laurent

--

 

2

 

--

 

1

Léger

1

 

--

 

--

 

5

Louis

2

 

2

 

1

 

1

Marceau

--

 

1

 

--

 

6

Marquet

6

 

--

 

 

 

20

Martin

3

 

11

 

6

 


12
3
3

Matthieu
           
Macé
         Mathelin
            Mathé

--
7
3
3

 

--
5
--
--

 

--

--
--

 

1

Mathurin

1

 

--

 

--

 

1
11

Michel
       
Micheau

--
2

 

1
8

 

--
1

 


5
3
3

Nicolas
            Colas
            Colin
          Coleau


1
--
--

 


3
2
3

 

--
1
1
--

 

1

Pascault

1

 

--

 

--

 

6

Philippon

5

 

1

 

--

 

55
10
3

Pierre
            Perrin
            Perrot

19
2
3

10.1

24
8

7.2

12

 

9.2

1

Renaud

--

 

1

 

--

 

2
7
1

Robert
             Robin
          Robinet

1

 

1
5
1

 

--
2
--

 

8

Simon

3

 

5

 

--

 

4

Thomas

1

 

3

 

--

 

3

Vincent

1

 

2

 

--

 


1

Ysabeau
           Babeau

 

 

 

 


1

 

650

71

189

 

331

 

130

 

rang

Noms

total

%

%
cumulé

1

JEAN

241

37

37

2

GUILLAUME

100

15.4

52.4

3

PIERRE

68

10.4

62.8

4

ESTIENNE

48

7.3

70.1

1.- Le premier constat est celui d’un paradoxe : un éventail de noms largement ouvert : 71, -  mais 4 seulement pour désigner 70% de la population !  Montaigne rapporte à ce propos une anecdote significative :

 « …Henri, duc de Normandie, fils de Henri second, roi d’Angleterre, faisant un festin en France, l’assemblée de la noblesse y fut si grande, que, pour passe-temps, s’étant divisée en bandes par la ressemblance des noms, en la première troupe qui fut des Guillaumes, il se trouva 110 chevaliers assis à table portant ce même nom, sans mettre en compte les simples gentilshommes et serviteurs. »
(les Essais, L.I.chap.XLVI)

2.- Ces quatre noms appartiennent au registre des  saints  du calendrier de l’Eglise chrétienne : Jean (grec-Ioannes , latin-Johannes) l’apôtre-évangéliste, traduit également l’importance qu’avait pris le culte de saint Jean-Baptiste ; Pierre (grec-Petros, latin-petrus ) est le surnom qui fut donné à Simon, fils de Jean ( « Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon église », évang. selon S.Mathieu). Etienne est reconnu pour avoir été le premier martyr chrétien (vers 35). Mais Guillaume, qui se hisse au deuxième rang,  traduit la persistance de l’influence germanique (Willhelm) ; il faudra attendre le IXème siècle pour qu’un moine et duc de ce nom soit canonisé, encore est-il probable que la popularité de ce nom en Berry soit bien plus tardive et tienne à un archevêque de Bourges ayant vécu au XIIIème siècle. A Guillaume s’ajoutent (Ai)mery, Bernard, Bertrand, Francquelin (<Franck), Geoffroy, Gilbert, Gérard, Hugues, Léger, Louis, Renault, Robert, soit 13 patronymes pour 140 individus. Ces 21,5 % de la population enregistrée  soulignent bien l’influence persistante de la langue germanique sur une patronymie d’essence chrétienne.

3.- On pourrait s’étonner que certains noms de baptême n’appartiennent pas au registre hagiographique : Adam, Aimery, Durant, Elie, Franquelin, Geoffroy, Hervé, Pascal, Renault. Mais perpétuer la tradition celtique et appeler son enfant Hervé n’était pas incompatible avec la tradition chrétienne. En effet le culte des saints est né, au IIème siècle, du culte des martyrs, mais le terme n’avait pas au Moyen Age la même connotation qu’aujourd’hui. Faire précéder le nom d’un dignitaire de l’Eglise de « saint homme » était une formule de respect, de politesse, au même titre que « noble homme » devant celui d’un seigneur laïc, quelle que soit la moralité du personnage ! Pour lutter contre certains abus,  l’usage fut réservé au pape, dès le XIVème siècle, mais ce n’est qu’au XVIème siècle, donc postérieurement à nos recherches, que la sainteté a recouvert une notion de perfection morale et que son usage fut  réservé aux personnes béatifiées ou canonisées.

4.- La simple énumération des noms de baptême ne permet pas de saisir les motivations qui poussaient les parents à tel ou tel choix. Dans certains cas il est possible que placer un enfant sous la  protection d’un saint ait eu son importance, mais nous nous garderons de systématiser. Les nombreux diminutifs, hypocoristiques tendraient à prouver que l’aspect affectif était important. Ainsi Matthieu, apôtre et évangéliste, disparaissait derrière ses dérivés : Mathelin, Mathé, Macé ; le bon Nicolas de la légende n’était honoré qu’à travers des Colas, Colin, Coleau. L’absence de généalogie dans un tel document ne permet pas de mesurer les liens filiatifs qui, dans l’optique de « pérenniser » la famille, devaient également être très importants.

5.- Quoi qu’il en soit, un stock de 71 noms pour 650 individus montre combien l’attribution d’un surnom était devenu une nécessité.


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