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Les recherches effectuées jusqu'à ce jour n'ont pas permis de fixer les
origines de ce Jean Riolan, nous ne possédons que des indices. Ce qui est
certain c'est que ce Jean Riolan, bien qu'il porte le même patronyme,
n'est ni le philosophe-médecin qui fut doyen de la Faculté de Médecine
(Ú),
ni son fils, le non moins célèbre anatomiste
(Ú).
Il semblerait que cette homonymie n'ait été décelée par aucun critique
d'autant que si ce chirurgien ne peut être confondu avec aucun des deux,
il doit appartenir à la même fratrie amiénoise.
François (U1563), le marchand drapier bourgeois d'Amiens, fils de Jean, le saiteur qui
avait assis la fortune de cette branche des Rioland, avait eu plusieurs
enfants dont l'aîné François
(Ú)
avait poursuivi les activités familiales. Il eut aussi une ou plusieurs
filles, nous connaissons grâce aux recherches de notre correspondante
Martine Savary
(Ú),
une Marie qui épousa Sixte Havart . Quant à Jean le médecin il eut un
frère dont nous ignorons tout, sauf qu'il était avocat et probablement
parisien. Tous ces protagonistes ont eu, à un moment ou à un autre de leur
existence, des liens de proximité avec le village de Roy (près d'Amiens
dans la Somme).
François (fils)
ayant fortune assurée, la famille envoya Jean faire ses études à Paris, il
est probable que le jeune frère suivit. Le premier devint médecin, le
second avocat. Jean, le chirurgien dont il est question ici, serait le fils de l'avocat et le neveu
et cousin des deux autres Jean. On peut s'étonner de ne pas avoir trouvé
d'indices laissant entendre que les deux familles étaient apparentées
alors qu'elles se coudoyaient presque. Il faut savoir qu'à cette époque le
mépris des médecins envers les chirurgiens confinait à la haine et
réciproquement. Lorsque Jean l'anatomiste inaugura le nouvel amphithéâtre
de l'Ecole de médecine, les chirurgiens qui prétendaient que les
dissections étaient leur domaine, envahirent l'amphithéâtre, arrachèrent
le cadavre qu'ils exhibèrent dans le tout Paris de l'époque, accompagnant
cette manifestation d'un immense charivari. Il est possible, sinon
probable que les deux Jean étaient de part et d'autre dans les camps
opposés.
La
seule mention qui est faite de Jean Riolan, le chirurgien, nous est connue
grâce à Pierre de l'Estoile.
Le mardi 28è, jour des Innocents
(28
décembre 1610), mon petit Claude, par un grand inconvénient,
fut brûlé dans la garde-robe de ma chambre, où, regardant dans un coffre
avec une chandelle allumée qu'il tenait en sa main, le feu se prit en sa
fraise, qui fut toute brûlée, puis au col, aux oreilles, au menton, et
déjà allait gagnant le visage et les yeux: qui était pour l'achever de
consommer et perdre à jamais, n'eût été que Dieu, le conduisant comme par
la main, lui donna l'adresse, tout petit qu'il était, de
déverrouiller la porte de la garde-robe où il s'était enfermé, et où nous
entrâmes tout à point pour le secourir, mais [ pas avant ] qu'il ne brûlât
pour le moins demi quart d'heure, avant que de pouvoir éteindre le feu.
Il était 6 heures passées, et déjà on
apportait notre souper, qu'on laissa là pour courir au médecin notre
voisin, qui était M.de Lisle, lequel nous secourut promptement et y
apporta de bonne volonté tout ce qu'il put, comme aussi fit Riolant le
chirurgien, que nous mandâmes après; mais ils montrèrent enfin qu'ils s'y
connaissaient. |
Ces
compliments vont être vite contredits: en effet, l'enfant, qui était sur
le point "d'entrer pour être page" chez Mademoiselle de Montpensier,
restera défiguré. Pierre de l'Estoile s'en prend alors à ces mêmes
médecins qu'il juge incompétents, leur opposant l'efficacité des "remèdes
de bonnes femmes".
Il était prêt d'entrer
bientôt sans cela, chez Mademoiselle de Montpensier, pour être son
page, étant le plus beau de mes enfants et le plus adroit; et auquel
il paraîtra toute sa vie, pour l'avoir mis entre les mains des
médecins et chirurgiens, qui n'ont pu faire en six mois, ce que
beaucoup de femmes, et même de village, eussent fait en six jours.
Pierre de l'Estoile, Mémoires-Journaux, P.Tallandier,1983,L.XI, pp42-43 |
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