Mauricette
Landeroin

Mauricette LANDEROIN
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En avant-propos de notre étude sur Moïse LANDEROIN nous reproduisons l'excellent et croustillant article de Jean-Louis BOISSONNEAU, paru dans la Nouvelle-République du mardi 11 juillet 2006 (page V). |
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En dépit de ses 90 ans, Mauricette a dit oui. Elle s'est rendue à
l'Assemblée nationale et, en guise de discours, a lu quatre lettres de
l'intéressé: quatre lettres délicieusement rétro, écrite dans le français
châtié que pratiquait celui qui était, à l'époque, un brillant professeur
de grammaire au lycée Descartes de Tours, poète reconnu, en attendant de
devenir député, puis président du Sénégal, académicien, fondateur de la
francophonie. " C'était en 1936. J'avais vingt ans et lui trente. Il m'avait rencontrée chez des amis communs à Tours où j'avais fréquenté le lycée Balzac avant de commencer des études à Paris. Dans ces courriers, il m'annonçait sa visite, me proposait de m'emmener au théâtre voir Jouvet. Les lettres commençaient par " Chère Mademoiselle" et se terminaient par "Pensées respectueuses". Nous nous sommes rencontrés à plusieurs reprises. Il m'a demandée deux fois en mariage. Mais j'ai dit non: je n'aimais pas ses hauts cheveux crépus. Et puis, à l'époque, j'étais amoureuse d'un beau Russe aux yeux bleus." Fille d'une princesse tchadienne et d'un instituteur issu d'une vieille famille de viticulteurs à Saint-Romain, Mauricette incarnait sans doute aux yeux de Senghor l'alliance franco-africaine qui fut le fil conducteur de son action politique. La vie de Mauricette fut elle aussi placée sous ce signe. " Mon père, qui avait choisi d'enseigner à Tunis et qui parlait couramment arabe, fut interprète au sein de la mission Marchand, chargée de remonter jusqu'aux sources du Nil, à Fachoda, si possible avant les Anglais. Il servit ensuite dans l'armée au Niger et au Tchad et c'est là qu'il rencontra ma mère avant de devenir administrateur du pays." Au terme de ses études, et alors que ses parents avaient réintégré la maison de Saint-Romain, ce fut au tour de Mauricette de partir en Afrique où elle fit une longue et brillante carrière dans l'administration: chef de service, secrétaire générale du Conseil de l'entente africaine, consul adjointe, puis pour terminer, consul adjointe générale de France à Saint-Louis du Sénégal. Cette vie nomade lui a valu de séjourner à Dakar, Abidjan, Cotonou, Yaoundé, Ouagadougou, Niamey, à l'époque où ces capitales administraient encore des Etats nommés Dahomey, Cameroun, Haute-Volta, Niger. " J'ai cotoyé tous les présidents issus de l'indépendance, dont Senghor, bien entendu. C'est d'ailleurs à l'occasion d'un sommet africain qu'il m'a pris le bras sur le perron du palais des congrès et m'a dit en soupirant: "Mauricette, dans ma carrière, j'ai eu tous les honneurs que l'on peut désirer. Mais vous êtes l'échec de ma vie !" " En guise de compensation involontaire, elle a fait connaître au président sénégalais sa seconde épouse: " C'était une bonne secrétaire du Ravitaillement qu'il a embauchée sur ma recommandation. Quelques mois plus tard il divorçait pour l'épouser." sans doute, tout ce qui venait de Mauricette faisait tourner la tête à Senghor. Mais elle, aucun homme ne l'a fait renoncer au célibat: " ceux qui m'ont demandée en mariage ne me plaisaient pas. Ceux qui me plaisaient ne m'ont pas demandée en mariage...". Ayant toujours gardé son nom de Landeroin,c'est sur la terre des Landeroin qu'elle a voulu vivre ses dernières années. Sans trop de regrets pour l'Afrique qui, à ses yeux, n'a pas su valoriser les acquis de la période coloniale. mais le pouvoir aiguise tant d'appétits ! Elle a pu s'en rendre compte au cours de sa carrière, et aussi lors des deux mandats d'élue qu'elle a effectués à la mairie de Saint-Romain: une modeste leçon de terrain dont elle sourit aujourd'hui, elle qui aurait pu devenir présidente du Sénégal. Ah, si seulement Senghor avait eu les yeux bleus ! |
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Léopold SEDAR-SANGHOR |
Nous rappelons que Moïse LANDEROIN, père
de Mauricette,
est descendant des RIOLAND, tisserands de Châteauvieux,
(Pierre, Léonard, Robert, Alexandre, Jean, etc.)
et que Lucquette Joignet, épouse de Léonard Rioland
était elle-même originaire de Saint-Romain:
un enracinement que l'on peut dater de la fin du XVIème s !