Poulaines * La Révolution
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La Révolution vue par par le curé
(assermenté) RACINE, |
Notice extraite des registres de l'état civil
de LISSAY-LOCHY (18), année 1791
communiquée par notre
correspondant Eric PIGEAT
| " Dans un
siècle, dans dix, dans vingt peut-être ce registre subsistera encore et
dans ces tems reculés on ignorera absolument les changements qu'éprouve
aujourd'huy l'empire françois à datter du vingt avril mil sept cent
quatre-vingt-neuf, époque où s'assemblèrent à Versailles douze cent
députés,partie représentant le clergé, la noblese et le tiers-état, sous
cette dénomination d'états généraux.. Bientôt après, ces trois états jusqu'alors et de tems immémorial distingués se confondirent et unanimement n'en firent plus qu'un et se nommèrent sur le champ représentans de la nation et d'états généraux ce congrès se nomma assemblée constituante, assemblée nationale et porta des décrets qui renversèrent tout l'ordre ancien de la France et lui donnèrent un mode nouveau dans son gouvernement. Le noble ne le fut plus. Le sol fut déclaré comun. La justice, les parlements, les cours souveraines, les financiers, les maltôtiers, tout disparut. Les noms de marquis, duc, prince, dauphin, prieur, abbé, tout fut effacé. Plus de seigneurs, plus de féodalité, plus de dixmes, plus de couvents de filles, d'homes, plus de chapitres. En un instant, tous ces beaux établissements ont disparu. Une politique la plus rafinée fit prendre les armes à toute la France le même jour, à la même heure, le jeudi, trente juillet quatre-vingt-neuf à onze heures du matin. Dès ce moment le homes les plus âgés, les enfants les plus jeunes, efin jusqu'aux femes, tous sont soldats et portent les armes. La cocarde à cette époque de juillet quatre-vingt-neuf a été de précepte pour les femes même. Aujourd'huy tous sont si bien soldats, que les évêques, les curés ne sont pas exempts du port des armes et doivent être dans la liste des gardes nationales pour pouvoir jouir du droit de citoyen actif... Si la France ne se fût montrée telle ce jour d'alerte trente juillet, jamais l'assemblée qui fut ensuite transférée à Paris n'eût opéré de si grandes merveilles; car encore au moment où j'écris, cent mille officiers ou nobles sont sortis de France avec tous les princes excepté le roi et se proposent de rentrer dans leurs droits et y faire rentrer le clergé de qui tous les biens sont vendus au profit de la nation et ce parti de nobles et de prêtres prétendans se nomme Aristocrate, et le parti qui tient pour la nation se nomme Démocrate. Ce dernier pense réussir dans ses projets si les puissances étrangères n'exécutent pas les desseins pervers qu'ils ont de nous déclarer la guerre; car déjà ils sont tous ligués avec les étrangers. Mais dans le centre du royaume, sur les frontières, il y a partout des volontaires nationales pour faire face à l'ennemi qui nous menace tant au dedans qu'au dehors. Car dans l'intérieur, le papier monoie, dits assignats, a rendu le numéraire absolument absent. Sur cent livres en papier, on perd cinquante. Les louis d'or de vingt-quatre livres, qui en aurait les vendrait trente-six livres à quarante. La perte des titres, des droits honorifiques, le deffaut de numéraire font des mécontents et le pire est que la religion est de la partie dans ce trouble affreux et l'augmente encore davantage. Avant le premier de janvier mil sept cent quatre-vingt-onze, les papes, par un concordat entre Léon dix et François premier, roi de France, avaient le droit de tous les évêques de france. On avait recours à eux pour les dispenses de mariage en degrés de parenté prohibés. Ils donnaient des bulles en confirmation de la nomination aux eveschés et archeveschés auxquels le roi nommoit seul. Les évêques, archevêques, prieurs, abbés, abbesses présentoient, nommoient aux cures, prébendes,etc. Les évêques, les curés avaient des fonds, des dixmes à compter de cette époque mil sept cent quatre-vingt-onze tous sont pensionés, les évêques à douze mille livres, les curés à douze cents livres, les vicaires à sept cent livres. Le pape ne dispense plus, ne confirme plus les évêques, les curés sont nommés par le peuple représenté par les électeurs de chaque district assemblés un jour de dimanche. La municipalité les met en possession après le visa de l'évêque et l'évêque après avoir été consacré. Ensuite il écrit au pape et lui demande sa communion. les curés choisissent leurs vicaires. De cent quatre évêques ou archevêques ou plus, il n'y en a plus que quatre-vingt-trois, dont les sièges sont dans les chefs-lieux des quatre-vingt-trois départements, nouvelle division de la France qui ne porte plus le nom de ses provinces, qui toutes portent le nom des rivières les plus principales des lieux où ils sont situés. Chaque départementa été divisé en districts, les districts en cantons et chaque canton en municipalités. Cette érection, cette suppression d'éveschés, ces élections des ministres des autels, cette pour ainsi dire récusation de l'autorité papale a causé un schisme, une division parmi les prêtres et le peuple. L'assemblée pour prévenir un mal en a fait un plus grand en exigeant de tous les évêques, les curés, les vicaires un serment de maintenir la constitution civile du clergé; les uns l'ont prêté ce serment et les autres l'ont refusé. Alors l'assemblée a rendu un décret qui ordonnait qu'on remplaceat tous les évêques ou curés qui n'auraient pas prêté ce serment et on l'a mis en exécution. Un tiers des curés l'a refusé, quatre ou cinq évêques seulement l'ont prêté. J'étais alors vicaire à Poulaines près Valençay, district d'Issoudun, département de l'Indre, démembrement de la province du Berry, lorsque le dimanche dix-sept avril mil sept cent quatre-vingt-onze, les électeurs du district de Bourges assemblés en l'église métropolitaine de Saint-Etienne de Bourges, conformément au décret de l'Assemblée nationale du douze juillet 1790, sanctioné par le roy le 24 août suivant, je fus nommé à la cure de Saint-Hilaire de Lissay à la place du sieur Gabriel Babon, curé dans ce tems, qui refus a de prêter le serment. Je pris possession le dimanche quinze may de la même année et le sieur Babon est mort subitement le vendredi vingt-neuf octobre de la présente année à l'auberge ditte Saint-François à Bourges et a été inhumé dans le caveau de l'église de Saint-Pierre-le-Guillard, le samedi trente. Cejourd'huy vingt-quatre février mil sept cent quatre-vingt douze. signé: RACINE, curé de Lissay |

| Nous avons retrouvé aux A.D-36
(L.1217) la prestation du serment à la Constitution civile du clergé du curé de Poulaines, Pierre Renaudin, et de son vicaire Claude Racine |
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Dimanche 26 décembre 1790 |
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(Renaudin certifie que Claude Racine, prètre du ci-devant diocèse de Bourges, est vicaire de la paroisse de Poulaines depuis le 1er avril 1790. ) |