Poulaines
Historique *** les origines
 

 
   EPOQUE PREHISTORIQUE
la forêt
 

        
          César n'a voulu voir en Gaule qu'une vaste forêt (La Gaule chevelue). Le contraste avec la végétation méditerranéenne de l'Empire Romain n'a pu que le frapper. Même si la Gaule avait réellement déjà des paysages fort variés, la région comprise entre le nord et le sud du Boischaut actuel était bien forestière. Il suffit d'examiner une carte actuelle pour constater que les débris de ce manteau forestier sont encore nombreux. Il est peu probable que cette forêt ait été occupée (sous la forme d'un habitat permanent) par nos ancêtres: aucune vallée suffisamment profonde, aucune excavation rocheuse pour assurer un abri contre les rigueurs du climat et offrir un observatoire pour le passage des troupeaux.
Toutefois elle fut fréquentée et probablement exploitée par ce peuple de chasseurs comme en témoignent les outils (4 haches- 1 "livre de beurre" - 1 petit polissoir) découverts près de Chambon à la Lyonnière d'Enfer.

 

EPOQUE CELTIQUE
premiers défrichements - premières clairières

         C'est au cours du premier millénaire avant notre ère - que le Boishaut va connaître un réel début de colonisation : grâce à la sédentarisation, les conditions de vie vont s'améliorer, aux chasses et aux cueillettes aléatoires vont succéder l'élevage d'animaux désormais domestiqués et des productions agricoles régulières. La vie sociale va s'en trouver profondément modifiée. Les mégalithes (cf.croquis ci-dessus) à la bordure sud du Boishaut indiquent la colonisation. Mais bientôt, probablement par l'effet d'un accroissement démographique, des groupes vont émigrer à l'intérieur même de la forêt et entreprendre trois clairières de défrichement, du moins la toponymie celtique nous le donne à penser :
                                                        Buxeuil = la clairière de buis
                                                        Chambon = terre alluviales
                                                        Veuil = le bois
Encore faut-il ajouter sur la rive droite du Nahon, plus au nord, le site de Combs (= aux vallons) .
          Les hydronymes , tous d'origine gauloise, Nahon, Fouzon, Arnon (aujourd'hui = Renon), prouvent que l'espace était totalement quadrillé et c'est bien dans ces clairières : Veuil, Combs, Chambon, Buxeuil que sont nés et ont vécu nos ancêtres les plus lointains.

 

EPOQUE GALLO-ROMAINE
organisation de l'espace: les grands domaines

           C'est à l'époque gallo-romaine ( 5 premiers siècles de notre ère ) que l'occupation des sols va prendre un aspect quasi définitif. De petits potentats gaulois - qui ont adopté la culture romaine - construisent de luxueuses villas à la campagne. Ils s'installent à proximité d'un noyau de peuplement afin de s'assurer la main d'oeuvre nécessaire. Ainsi deux villas sont attestées sur l'actuelle commune de Poulaines.

          A
Chambon, d'abord, le site le plus ancien, où l'on a découvert des bains et un coffret en pierre enfermant une urne funéraire.

         Au Pré de la Coudre, ensuite, où d'importantes substructures ont été mises en évidence. Parmi les débris de poterie retrouvés dans le sol, un fragment de céramique provenant des ateliers de Lezoux (Puy-

de-Dôme) révèle que cette villa existait également au IIème siècle. Et c'est probablement à son fondateur Cungius, que l'on doit le toponyme local de Cungy. Quelques vestiges gallo-romains ont été découverts près de l'actuel bourg de Poulaines et près du hameau d'Aubigny, mais aucune fouille systématique n'ayant été organisée, les débris sont trop peu importants pour témoigner de la présence de villas. Toutefois les toponymes ne laissent aucun doute : Aubigny de Albinius, nom de personne + -acum = les maisons d'Albin
                          Poulaines de Paulinius, nom de personne + (terr)as = les terres de Paulin
Il faut ajouter que la voie romaine Orléans-Argenton, venant de Chabris et se dirigeant vers Levroux, passait par Chambon, soulignant l'importance de cette villa, et son tracé, apparemment rectiligne, n'était pas le fruit du hasard, il séparait les terres de Cungy de celles de Paulinius ! On peut également remarquer que l'actuel D960, reliant Valençay à Buxeuil, suit, près de 20 siècles plus tard, le tracé qui séparait les deux villas gallo-romaines de Chambon au sud et de Cungy, au nord ! C'est dire toute la permanence des structures agraires !

 
EPOQUE FRANQUE
désertification des villes       christianisation


      A partir du IVème - Vème siècle, des peuplades Germaniques, (Wisigoths, Burgondes, Francs, etc.) contraintes par l'essor démographique de rechercher des terres nouvelles, franchissent le Rhin et envahissent la Gaule. Les historiens du XIXème siècle, en focalisant cette invasion sur les Huns d'Attila, ont déformé la réalité. Il faudrait plutôt parler d'infiltration, à la façon des bohémiens de naguère ou des conquérants de l' " West " américain ( avec roulottes, famille, animaux ), que d'invasion guerrière, et si l'on rapporte qu'Attila fit boire ses chevaux dans le bénitier de Chambon ! c'est évidemment pure légende!  Le tissu économique et social n'en allait pas moins être totalement bouleversé.

       Les désordres ponctuels vont engendrer de grandes peurs - comme notre pays en a connues tout au long de son histoire - ( l'exode de 1940, le plus récent, étant vivant dans nos mémoires). La population désertant les villes, va, au fil des ans, chercher refuge dans les campagnes, loin des axes de communication, donc de pénétration. Toute une clientèle d'artisans s'agglutine autour des domaines ruraux, sous la protection du "maître" ( = latin: dominus) des lieux. La villa devient village. Les bâtiments autrefois largement ouverts se rétractent, s'abritent derrière des pieux, des fascines, s'entourent de fossés, la "villa gallo-romaine" devient maison-forte: Chambon, la plus riche et la plus importante, fut probablement la première à élever des fortifications; les descendants de Cungius, désertant la villa ruinée du "Pré de la Coudre" établirent leur maison forte au lieu dit "le Plessis"comme en témoignent les fossés encore visibles en partie, - toutefois, à l'origine, la défense n'était assurée que par une modeste rangée de pieux ( en langue d' oïl, Plesseïz = lieu clos par des troncs d'arbres attachés les uns aux autres); il est probable que Poulaines ait possédé également sa "maison forte" à l'emplacement même du château actuel.
         
            Isolé sur son domaine, le maître des lieux - qui, lui aussi, a déserté la ville - se voit garant, par les faits, de la sécurité des personnes, mais aussi de l'organisation économique et sociale de cette micro-société. Il s'arroge les pouvoirs juridico-politiques, il devient le "sire" (= latin:senior), le "seigneur" que l'on sait, sans être, forcément et toujours, le despote sanguinaire de nos images d'Epinal.

            Parallèlement, la christianisation va jouer un rôle prépondérant dans la transformation de la société. ( Cette christianisation va être tardive , comme en témoignent dans la toponymie locale, les Martin ( IVème siècle ) et les Laurent ( VIème siècle ); elle sera également lente : le paganisme ayant imprégné les rites catholiques jusqu'à un passé récent à en croire les contes et légendes du Berry; elle ne sera jamais complète : au XVIème siècle, Poulaines et sa région , de Valençay à Issoudun , sera terre huguenote.) Tout en s'adressant à l'ensemble de la communauté, les missionnaires s'attachaient à convertir le maître des lieux (cf. Rémi et Clovis). Dès que le foyer était suffisamment vivace, le maître du domaine veillait à la construction d'un édifice : oratoire, chapelle. Il dotait d'un revenu initial le desservant qu'il choisissait lui-même pour s'assurer de sa fidélité. Par la suite vinrent s'ajouter les dons des fidèles "pour le repos de leur âme", les oblations et la dîme, rendue obligatoire en 765. A cette époque les biens ecclésiastiques appartenaient encore aux seigneurs locaux qui pouvaient les vendre, les échanger, les gager, les donner en héritage à leurs enfants, en dot à leur fille ou leur épouse. Des prieurés naquirent ainsi à Chambon et à Poulaines, dédiés respectivement à Marie-Madeleine et St.Saturnin, mais aussi à Combs           ( St.Laurent), Aubigny et Espaillat (dans la partie nord du domaine de Poulaines).

 

MOYEN AGE
féodalité - monachisme

           Tous ces petits seigneurs locaux, devenus miles (= écuyers) tombèrent dans la vassalité de seigneurs plus puissants. C'est ainsi que les barons de Graçay devinrent les maîtres de Poulaines, jusqu'au jour où les conflits féodaux devenant source d'anarchie et de désordres, l'Eglise imposa sa loi et commença par exiger que les biens ecclésiastiques lui soient remis, et c'est ainsi que Renaud de Graçay, en 1103 fut contraint de se dessaisir des prieurés de Chambon, d'Aubigny et d'Espaillat qui devinrent propriété de l'abbaye de Chezal-Benoît. Il semblerait que le petit prieuré de Combs, dédié à Saint Laurent, conservât jusqu'à la Révolution, une certaine indépendance. Il ne restait plus aux Graçay que le fief de Poulaines proprement dit et celui de Cungy, qui allait peu après être à son tour démantelé.

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à suivre

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