Poulaines
au XVIème
siècle
Artisans et Paysans

les bourgeois
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Poulaines n'étant pas une ville, il
est difficile de parler -stricto sensu- de bourgeois, c'est pourtant ainsi
que se qualifient certains "notables" habitant le bourg, comme le confirme
l'acte 193 des registres de catholicité : Ces bourgeois se distinguent de la
masse des paysans par leurs professions: La différence sociale entre cette bourgeoisie d'une part, le clergé et la noblesse d'autre part, est faible. A la fin du XVIème siècle, le château de Poulaines était un foyer actif du Protestantisme. Nous ignorons l'influence que la Réforme a eu sur cette petite bourgeoisie, mais il faut noter qu'il y avait à Poulaines un cimetière protestant, que les Herpin et les Courault, seigneurs de Poulaines, n'ont pas pu occuper à eux seuls. Nous en connaissons au moins un dont nous reparlerons: le notaire GILLOT. |
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les GIGOT |
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les BOIN Les Boin appartiennent également à l'une des plus
vieilles familles de Poulaines, en 1482, l'un des fils, selon les
dernières volontés de son père, "quitte" à l'abbaye de Barzelle 3 sous et
6 deniers de revenus sur une vigne située près de l'étang du Plessis
(A.Indre.H.21). A la fin du siècle suivant, Pierre
Boin est tailleur d'habits, Pierre le Jeune est clerc et Etienne,
chirurgien. Ce dernier succède à René Dufresne que l'on ne retrouve qu'une
seule fois dans les actes - ou bien ce Dufresne est décédé, ou bien il
n'apparaît plus dans les registres car il a adopté la Religion Réformée, à
la suite des seigneurs de Poulaines. Les marques de notabilité à l'égard
d'Etienne Boin sont significatives: |
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Pierre Sellier apparaît comme étant le successeur
d'Etienne Boin, il est témoin dans les grandes familles bourgeoises de
l'époque, mais c'est le baptême de son propre fils, le 17 mars 1601, qui
va consacrer son rang: les parrains sont respectivement Noble Homme
Jacques de Boisvilliers, qui donne son nom à l'enfant, et Etienne Pinon,
les marraines sont demoiselle Marie de Boisvilliers et Marie Souchet
(descendante des du Coudray et des de Barathon, mariée à Gilles Baillet,
notaire et fermier du fief de la Roche). |
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François PINON Avec François Pinon apparaissent les notaires. François est procurateur de la fabrice de Chambon. Ses deux fils, Saturnin et Etienne, sont également notaires, à Buxeuil et à Poulaines. Ce sont eux qui, en 1585, reçoivent le testament de Catherine du Coudray. Etienne meurt le 28 décembre 1610, il est qualifié de "notaire et procureur fiscal des seigneuries de Buxeuil, St.Christophe, Chambon, Aubigny, Espaillat" Ces fiefs devaient être ceux qui dépendaient de l'abbaye de Chezal-Benoist, Etienne ayant hérité de la charge de son père. Deux autres Pinon, absents des registres mais que nous connaissons par leurs filles, avaient été notaires. A eux seuls, les Pinon totalisent 29 parrainages, 8 marrainages et 25 témoignages. |
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René MORISSET originaire de Chambon, il y sera notaire de 1590 à 1628. On sait de lui qu'un grand oncle était prêtre en 1533, que Jehan, son père était sergent, qu'il eut pour marraine Catherine du Coudray épouse de René de Barathon et que, à la mort de ce dernier, il fut l'une des 4 personnes qui eurent l'honneur de porter le cercueil en l'église de Poulaines. René Morisset a laissé des cahiers de "mémoires" qui étaient encore consultables à la fin du XIXème siècle, cahiers aujourd'hui, hélas, disparus. |
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Jacques DELORME bien que bailli de Valençay," honorable escuyer
licencie en loiz", Jacques Delorme devait habiter près de l'abbaye comme
en témoigne cette lettre non datée, adressée à l'abbé commendataire, et
qui se termine par ces mots :
Jacques DELORME x Marie PIEPLAT |
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Claude GILLOT Chaque pôle économique avait son notaire, il ne faut donc pas omettre le notaire de la baronnie de Graçay, Claude Gillot, probablement le plus important d'entre eux mais son appartenance à la Religion Réformée nous prive de renseignements. Nous savons toutefois que c'est son neveu également huguenot, Etienne Legrand, qui , en 1612, deviendra le " fermier " de la seigneurie de Poulaines. |
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LES ARTISANS |
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Du monde des artisans émergent les "maréchaux-taillandiers-charrons-bourreliers". Chaque hameau devait avoir sa maréchalerie, mais les actes -peu précis- ne nous permettent pas de les situer avec exactitude. le terrier de 1533 nous apprend que les Vaillant étaient charrons à Espaillat, (l'un d'entre eux, Noël, fut religieux de Notre-Dame d'Ollins). Comme les laboureurs, comme les Gigot, bouchers de père en fils, les liens qui s'établissent entre leurs familles prouvent que l'on était alors en présence de véritables dynasties de maréchaux: Jehan Courant, est aubergiste de la "Grande Maison" en 1533, François Courant, l'un de ses descendants est maréchal, il est le beau-frère de " Louis Pelat, maréchal-bourrelier-marchand bourgeois"; ce Louis Pelat est lui-même gendre de Leonard Taureau, maréchal, quant au fils de ce dernier il est "taillandier" et allié à Silvain Bruère, maréchal ! Les autres artisans apparaissent beaucoup plus discrètement dans les actes: Philippe Caillat est chapelier au bourg, des Perraguin sont tixiers, des Co(u)illon, cardeurs de chanvre (nous avons vu que Sébastienne avait épousé un Gigot), des Moreau sont charpentiers, peu d'éléments les séparent du monde paysan ce qui permet de les situer dans la hiérarchie sociale. Avant de clore ce chapitre il faut évoquer la situation de certaines femmes: Marie Souchet, d'une petite noblesse difficile à distinguer de la bourgeoisie; Françoise Anxoine est "fille de chambre", elle signe à 5 reprises en bas des actes de juillet 1596 à août 1598,puis elle disparaît... remplacée par Marguerite Potin, marraine de Marie de Barathon. Or, nous savons que cette marguerite, femme de chambre, épousera en 1606, un gentilhomme, Gabriel de Poix sieur de la Grange-Perrot à Buxeuil. Il est possible que Françoise Anxoine ait eu un itinéraire parallèle. Ces deux exemples (Marie et Françoise) sont significatifs d'une bourgeoisie et d'une noblesse aux frontières ténues.
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les PAYSANS Ils constituent la grande masse de la population, mais rien, dans les registres de catholicité ne permet de distinguer nettement les laboureurs des journaliers. Seuls les actes notariés, émanant des seigneuries ecclésiastiques ou laïques permettent de distinguer les métayers les plus aisés, comme les Poitou à Beauvais, les Morin à Cungy, les Sauget à Vieille-Barzelle, les Maupou à La Chapelle de Combs. On pressent que certains laboureurs ont la possibilité d'assurer à leurs enfants une certaine instruction et celle de leur assurer une rente suffisante pour leur permettre d'accéder à la prêtrise : les Marseille (à Chambon), les Fourré, les Thévenin. |
Les classes sociales à la fin du XVIème siècle sont toutefois
bien dessinées
et demeureront stables au moins jusqu'à la Révolution, sinon après.