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les GROGNARDS de l'EMPIRE de notre correspondant: Jean-Louis STRAUSS sources: Genindre (G.Levêque/P.Texier) stehelene.org Cette liste n'est pas exhaustive, la consultation des registres étant loin d'être terminée et ces registres étant eux-mêmes fort incomplets
LAURENT RIOLAND
Ce Jean-Baptiste, né à Préaux (36) le 13 juillet 1784, est le fils d'un laboureur, Joachim Rioland, et de Madeleine Cosson. Par son trisaïeul, il appartient à la branche d'André Rioland qui avait épousé Madeleine Barbou. Cette branche dont la souche se trouve dans la vallée du Nahon avait glissé par Géhée jusqu'à Préaux. Jean-Baptiste ne reverra pas son village natal et avec lui s'éteindra la patronyme dans ce village proche d'Ecueillé. Incorporé sous le matricule 1346 au 5ème régiment d'infanterie légère, il décèdera de fièvre, à l'hôpital du Val de Grâce, quelques mois plus tard, le 23 janvier 1806. Il n'aura pas atteint sa vingt-deuxième année.
Pierre appartient à une très vieille famille de Chabris, tous laboureurs
de père en fils. Un aïeul est déjà attesté en 1640: Gabriel. Il a épousé
Nicole, une Vouillon de Parpeçay. Suivront Louis, Phalier et Pierre qui,
lui aussi, épousera une fille de Parpeçay, Marguerite Jacquelin. Ce sont
eux, Pierre et Marguerite, les parents de ce grognard de l'empereur, qui naquit le
24 août 1784, troisième enfant de la lignée. JEAN RIOLAND
SILVAIN RIOLAND
Nous connaissons bien Silvain qui est le descendant direct de
Léonard, le tisserand de Châteauvieux. Fils de Louis (parfois
appelé Claude) et de Marie Guï, il est né le 2 décembre 1788 , à
Villentrois, (la Saussardière) . Il est l'oncle de cet autre
Silvain qui prit la relève des tisserands et fut, pendant plus d'un
siècle, à la tête d' une génération de meuniers. Nous ne connaissons
malheureusement de son passé militaire que son acte de décès. Il fut
probablement incorporé dans un régiment de ligne comme fusilier. Malade,
il fut réformé et placé dans la 1ère légion de réserve de l'Intérieur.
Il entra finalement à l'hôpital civil d'Amiens le 27 novembre 1808 et
mourut le 1er janvier 1809 de "cachexie scorbutique". ___________________________________
de
Gérard LEROUX fiche signalitique: °Légion de Réserve - 2ème volume - cote 23YC58 -
n°4690
RIOLANT
Silvain, fils de: Louis RIOLANT et de
Marie GUY
taille: 1,65 m. AFFECTE au 4°bataillon, 7° compagnie
réformé sans congé le 11 novembre
1808 Gérard
LEROUX
Comme Sylvain Rioland, mon
arrière-arrière grand père a fait partie, lui aussi, de la 1° Légion
de réserve sous le 1° Empire. Or, je fais depuis plusieurs années
des recherches sur les 4 légions qui ont fait ce que les Espagnols
appellent la "Guerre d'Indépendance" et dont les soldats ont été, en
partie, déportés dans l'ilôt de Cabrera près de Majorque où 50% d'entre
eux sont morts de maladies et de malnutrition. Je suis donc allé
plusieurs fois au Service Historique de la Défense à Vincennes afin de
consulter les registres-matricules des Légions et du 121° de ligne formé
des restes des 1° et 2° légions.
Ils
ont rejoints en décembre 1807 le 2° corps d'observation de la Gironde
à Bayonne sous les ordres du général Dupont. Ce corps a traversé toute
l'Espagne en passant à Madrid la veille du fameux soulèvement du 2 mai
1808 immortalisé par Goya. Le projet de Napoléon était d'envoyer
Dupont délivrer la flotte de l'amiral de Rosily réfugiée en rade de
Cadix après la défaite de Trafalgar et bloquée par les émeutiers
espagnols. Las, Dupont ne devait aller que jusqu'à Cordoue où il
apprit que le général Castaños était en train de constituer une armée
du triple que ce qu'il avait. Il recula jusqu'au village de Baylen
[Bailén en espagnol] où il subit une cuisante défaite.
Dupont signa une capitulation que Napoléon ne lui pardonnera pas et
qui prévoyait le retour par mer de son armée jusqu'à La Rochelle. Ses
soldats entamèrent alors une longue marche de Baylen [situé au Nord de
Jaén] jusqu'à Cadix en butte aux vexations et au harcèlement de la
population qui allait parfois jusqu'à l'assassinat. Mais le pire était
à venir: à Cadix ont les entassa sur des pontons à plusieurs centaines
voire jusqu'à 1.500. Dans une hygiène totalement déplorable et très
mal ravitaillés en vivres par les caditans. Ils mourraient de scorbut,
de dysenterie et de malnutrition. On jetait les cadavres à la mer et
il y en eut tellement dans la baie de Cadix que la population
s'affola.
Enfin,
devant l'approche des troupes françaises, on traîna les pontons
derrière des vaisseaux de ligne ou de commerce; au bout de quelques
mois, on finit par les débarquer sur l'ilôt de Cabrera qui était
complètement désertique: pas une maison, quelques arbres sur les
collines, une ou 2 sources pour plus de 6.000 hommes. On ne leur
laissa ni outils de construction ni de jardinage. Les vivres et l'eau
venaient de Palma et quand il faisait mauvais temps les barques ne
venaient pas; ils pouvaient rester 8 jours sans vivres. Enfin à la
chute de l'Empire, en 1814, 2 goëlettes françaises vinrent les
chercher pour les débarquer à Marseille: quelle joie pour les derniers
survivants (3.300) amaigris, malades, vêtus de haillons. Mais le
commandant de la place, les trouvant dans un état déplorable, voulut
les envoyer en Corse. Heureusement, les femmes de Marseille envahirent
la caserne et les libérèrent.
Mon aieul, né en septembre 1789
était parti en décembre 1806 rejoindre la 1° légion à Lille, il a été
fait prisonnier en juillet 1808 à Baylén et il est resté jusqu'en 1814
à Cabrera. Parti de Paris à 17 ans il n'y est revenu qu'à 25 ans.
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Là ne s'arrête pas la liste des
grognards de l'Empire. Trois d'entre eux vivaient encore en 1857 et comptèrent parmi les 405 000 vétérans ayant reçu la médaille
de Sainte-Hélène: La banque de données de Chabris nous apporte un premier élément de réponse, concernant Louis et Michel, réponse vraisemblable qui ne demande qu'à être confirmée par une recherche aux Archives militaires.
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