les GROGNARDS de l'EMPIRE

de notre correspondant:
Jean-Louis STRAUSS

                                                                            sources: Genindre (G.Levêque/P.Texier)
                                                                                                                  stehelene.org

Cette liste n'est pas exhaustive, la consultation des registres étant loin d'être terminée et ces registres étant eux-mêmes fort incomplets
 

 LAURENT RIOLAND

           
Laurent est né à Vicq,  le 16 avril 1784. Il est le fils de Gatien Rioland et de Madeleine Coutant. Il appartient à une vieille famille de laboureurs convertie à la viticulture, son oncle, Laurent, qui est aussi son parrain, était qualifié de "bourgeois-vigneron". Gatien est lui-même vigneron, il a 21 ans quand il est  incorporé, en 1805, au 43ème régiment d'infanterie de ligne. Bien que ce soit la belle époque de l'Empire et des victoires, ( Trafalgar le 21 octobre, certes, mais Austerlitz, le 2 décembre!), de la gloire des armes  Laurent n'a cure, il déserte le 23 thermidor an XIII (11 août 1805). Convoqué devant le tribunal des Armées, il ne se présente pas et il est condamné par contumace:   5ans de Travaux publics. Nous ignorons la nature de cette peine: travaux d'utilité publique ou travaux forcés ?
         Nous ne savons pas davantage comment  Laurent purgea sa peine, et même s'il la purgea, et l'état actuel de nos travaux ne nous dit pas si Laurent demeura à Vicq et s'il fonda une famille.

                                         
 JEAN-BAPTISTE   RIOLAND

           Ce  Jean-Baptiste,  né à Préaux (36) le 13 juillet 1784, est le fils d'un laboureur, Joachim Rioland, et de Madeleine Cosson. Par son trisaïeul, il appartient à la branche d'André Rioland qui avait épousé Madeleine Barbou. Cette branche dont la souche se trouve dans la vallée du Nahon avait glissé par Géhée jusqu'à Préaux. Jean-Baptiste ne reverra pas son village natal et avec lui s'éteindra la patronyme dans ce  village proche d'Ecueillé. Incorporé sous le matricule 1346 au 5ème régiment d'infanterie légère, il décèdera de fièvre, à l'hôpital du Val de Grâce, quelques mois plus tard, le 23 janvier 1806. Il n'aura pas atteint sa vingt-deuxième année.


 PIERRE   RIOLAND

                  Pierre appartient à une très vieille famille de Chabris, tous laboureurs de père en fils. Un aïeul est déjà attesté en 1640: Gabriel. Il a épousé Nicole, une Vouillon de Parpeçay. Suivront Louis, Phalier et Pierre qui, lui aussi, épousera une fille de Parpeçay, Marguerite Jacquelin. Ce sont eux,  Pierre et Marguerite, les parents de ce grognard de l'empereur, qui naquit le 24 août 1784, troisième enfant de la lignée.
     Pierre rejoignit Napoléon au début de l'an XIII (1804). Il devait avoir certaines qualités, qui l'élevaient au-dessus de la moyenne, car il fut incorporé, sous le matricule 290, au 10ème bataillon principal du Train d'artillerie, qui, affecté à l'armée du Rhin, tenait garnison à Metz. C'est en 1800, que Bonaparte créa le Train d'artillerie pour pallier les insuffisances des transports civils. Les "tringlots" n'étaient pas à proprement parler des soldats, c'étaient de solides charretiers, capables dans toutes les situations de tirer des attelages de 6 à 8 chevaux pour alimenter les artilleurs en canons, obusiers et munitions. Leur stoïcisme sous la mitraille leur valut une réputation de bravoure qui n'était pas usurpée.  Le 1er avril 1807, son unité est dédoublée, comme toujours en temps de guerre, Pierre passe alors au" Xème bataillon bis". A la fin de l'année un XIème bataillon est créé, Pierre y est affecté. Combien de temps arpenta t-il les champs de bataille, à travers l'Europe, tirant les fûts et les caissons de boulets ? L'exploitation des archives devrait nous apporter un complément de réponse.
      Une certitude, Pierre en revint. Longtemps après, en 1857, Napoléon III se souvint et voulut honorer les 405 000 grognards encore vivants à cette époque. Il créa pour eux la médaille de Sainte-Hélène. Pierre Rioland fut médaillé. C'était  alors  un vieillard de 73 ans. Il vivait retiré à Maray, près de Mennetou, dans le Loir-et-Cher. Avait-il entre temps fondé une famille ? Nous invitons nos correspondants à  répondre.
 

                             

 JEAN   RIOLAND
                      
avec le concours de Richard DARNAULT

         
Jean Rioland naquit à Issoudun le 12 février 1789; il est le fils d'un vigneron, Jean Rioland, époux de Madeleine Ferragu et le petit-fils de Philippe Rioland et de Jeanne Aufrère qui le porta sur les fonds baptismaux. Il fut incorporé en 1807 au 56ème régiment d'infanterie de Ligne (matricule 6084). Voltigeur au 4ème bataillon, il participa avec son unité à la guerre d'Espagne. Saisi comme beaucoup par la "fièvre", il est admis  à l'hôpital militaire de Figuière, en Catalogne, le 29 juin 1809 , il y décède le 9 août de la même année, à 20 ans, sans avoir revu son Berry natal.
           (transcription à la mairie d'Issoudun le dimanche 17 février 1811)
 

  SILVAIN   RIOLAND
                                             avec le concours de Richard DARNAULT

              Nous connaissons bien Silvain qui est le descendant direct de Léonard, le tisserand de Châteauvieux.  Fils de Louis (parfois appelé Claude) et de Marie Guï, il est né le 2 décembre 1788 , à Villentrois, (la Saussardière) . Il est l'oncle de cet autre Silvain qui prit la relève des tisserands et fut, pendant plus d'un siècle, à la tête d' une génération de meuniers. Nous ne connaissons malheureusement de son passé militaire que son acte de décès. Il fut probablement incorporé dans un régiment de ligne comme fusilier. Malade, il fut réformé et placé dans la 1ère légion de réserve de l'Intérieur. Il entra finalement à l'hôpital civil d'Amiens le 27 novembre 1808 et mourut le 1er janvier 1809 de "cachexie scorbutique".
              Silvain était également l'oncle d'un François qui, trente ans plus tard, sera incorporé au 64ème régiment de ligne et mourra de la dysenterie pendant son service militaire.

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         de   Gérard LEROUX
                                             
que nous remercions particulièrement

fiche signalitique: °Légion de Réserve - 2ème volume - cote 23YC58 -

n°4690   RIOLANT Silvain,    fils de:    Louis RIOLANT et de Marie GUY
                                    né le:    2 décembre 1788
                           à:    Villentrois, canton de Valençay, département de l'Indre

                                      taille:    1,65 m.
                                    visage:    ovale
                                       front:    haut
                                       yeux:    bruns
                                         nez:    bien fait
                                  bouche:    grande
                                  menton:    rond
                                 cheveux:   châtains
                                   sourcils:    châtains
             marques particulières:    --------
                      arrivée au corps:  samedi 23 avril 1808
                        conscrit de l'an:  1809
                     enrôlé volontaire:   --------
               incorporé, venant de:   --------
remplaçant un conscrit de l'an:   --------
sur la liste de désignation du canton de Valençay: n° 2
                      dernier domicile:  Villentrois
                                profession:  cultivateur

                                AFFECTE au 4°bataillon,  7° compagnie

           réformé sans congé le 11 novembre 1808
           en vertu de l'ordre du Ministre de la Justice du 21 octobre 1808
           mort à l'hôpital d'Amiens (Somme) le 1er janvier 1809 de cachexie scorbutique
                                                                                   
 (âgé de 20 ans et 8 mois)
                                ______________________________________

                              Gérard LEROUX

rapporte ensuite ce que fut le martyr de ses compagnons de Lille:

 

Comme Sylvain Rioland, mon arrière-arrière grand père a fait partie, lui aussi, de la 1° Légion  de réserve sous le 1° Empire. Or,  je fais depuis plusieurs années des recherches sur les 4 légions qui ont fait ce que les Espagnols appellent la "Guerre d'Indépendance" et dont les soldats ont été, en partie, déportés dans l'ilôt de Cabrera près de Majorque où 50% d'entre eux sont morts de maladies et de malnutrition. Je suis donc allé plusieurs fois au Service Historique de la Défense à Vincennes afin de consulter les registres-matricules des Légions et du 121° de ligne formé des restes des 1° et 2° légions.

 

         Ils ont rejoints en décembre 1807 le 2° corps d'observation de la Gironde à Bayonne sous les ordres du général Dupont. Ce corps a traversé toute l'Espagne en passant à Madrid la veille du fameux soulèvement du 2 mai 1808 immortalisé par Goya. Le projet de Napoléon était d'envoyer Dupont délivrer la flotte de l'amiral de Rosily réfugiée en rade de Cadix après la défaite de Trafalgar et bloquée par les émeutiers espagnols. Las, Dupont ne devait aller que jusqu'à Cordoue où il apprit que le général Castaños était en train de constituer une armée du triple que ce qu'il avait. Il recula jusqu'au village de Baylen [Bailén en espagnol] où il subit une cuisante défaite.
 
         Dupont signa une capitulation que Napoléon ne lui pardonnera pas et qui prévoyait le retour par mer de son armée jusqu'à La Rochelle. Ses soldats entamèrent alors une longue marche de Baylen [situé au Nord de Jaén] jusqu'à Cadix en butte aux vexations et au harcèlement de la population qui allait parfois jusqu'à l'assassinat. Mais le pire était à venir: à Cadix ont les entassa sur des pontons à plusieurs centaines voire jusqu'à 1.500. Dans une hygiène totalement déplorable et très mal ravitaillés en vivres par les caditans. Ils mourraient de scorbut, de dysenterie et de malnutrition. On jetait les cadavres à la mer et il y en eut tellement dans la baie de Cadix que la population s'affola.
 
        Enfin, devant l'approche des troupes françaises, on traîna les pontons derrière des vaisseaux de ligne ou de commerce; au bout de quelques mois, on finit par les débarquer sur l'ilôt de Cabrera qui était complètement désertique: pas une maison, quelques arbres sur les collines, une ou 2 sources pour plus de 6.000 hommes. On ne leur laissa ni outils de construction ni de jardinage. Les vivres et l'eau venaient de Palma et quand il faisait mauvais temps les barques ne venaient pas; ils pouvaient rester 8 jours sans vivres. Enfin à la chute de l'Empire, en 1814, 2 goëlettes françaises vinrent les chercher pour les débarquer à Marseille: quelle joie pour les derniers survivants (3.300) amaigris, malades, vêtus de haillons. Mais le commandant de la place, les trouvant dans un état déplorable, voulut les envoyer en Corse. Heureusement, les femmes de Marseille envahirent la caserne et les libérèrent.
 
    Mon aieul, né en septembre 1789 était parti en décembre 1806 rejoindre la 1° légion à Lille, il a été fait prisonnier en juillet 1808 à Baylén et il est resté jusqu'en 1814 à Cabrera. Parti de Paris à 17 ans il n'y est revenu qu'à 25 ans.

cf.guerre d'Espagne

 










































 

 

                          Là ne s'arrête pas la liste des grognards de l'Empire. Trois d'entre eux vivaient encore en 1857 et comptèrent parmi les 405 000 vétérans ayant reçu la médaille  de Sainte-Hélène:

                             Louis Riolland, originaire de Chabris, voltigeur incorporé
                                             au 21ème de ligne en 1807 (° 1787 ?);

            Michel Riolland, également originaire de Chabris, également voltigeur incorporé
                                            au 21ème de ligne, l'année suivante;

    Louis Rioland, de Poulaines, soldat au 10ème d'Artillerie de la Garde incorporé en 1812;

             François Bruneau-Riolland, au curieux patronyme double, incorporé en 1813
                                             canonnier de l'Artillerie de la Garde.

Les renseignements en notre possession ne permettent pas encore de les situer avec certitude dans les arbres généalogiques. Ces vétérans ne sont pas si éloignés de nous, il serait intéressant que les familles qui en ont conservé le souvenir, le portent à notre connaissance.
Enfin, dernière recherche: celle des soldats ayant servi dans les armées de Napoléon
appartenant aux autres départements que celui de l'Indre

La banque de données de Chabris nous apporte un premier élément de réponse, concernant Louis et Michel, réponse vraisemblable qui ne demande qu'à être confirmée par une recherche aux Archives militaires.

 
GABRIEL   RIOLAND
x
NICOLE   VOUILLON
 
|
LOUIS   RIOLAND
x 1686
ANNE   BOULET
*************************************************
GABRIEL   RIOLAND
xx  1713
MADELEINE   DUPUIS
 
PIERRE   RIOLAND
x 1714
JEANNE   RENAUD
| |
GABRIEL   RIOLAND
x  1735
MARIE   NOUFFRE
FRANCOIS   RIOLAND
x  1745
ANNE   PINON
| |
MICHEL   RIOLAND
xxx  1787
JEANNE   PINON
LOUIS   RIOLAND
x 1781
CATHERINE   POIRIER
| |
MICHEL   RIOLAND
LOUIS   RIOLAND
MICHEL est né le 14 juillet 1788, il est l'aîné de 6 enfants connus.
A son retour, il aurait épousé Elisabeth SOMMIER née en [1793 ?]à Selles-sur-Cher (où a eu probablement lieu le mariage).
 Il fallait être robuste pour revenir des guerres Napoléoniennes; il l'était puisque le voltigeur du 21ème de ligne est décédé à Chabris à l'âge de 89 ans, 3 ans après son épouse Elisabeth.
Nous ignorons tout de sa vie professionnelle et familiale.
  LOUIS est né en 1786,  le cadet d'une famille de 8 enfants.
A la différence de son lointain cousin Michel, peut-être marqué par ses "campagnes", Louis resta célibataire, mais Gabriel, son cadet vigneron, le demeura également. Ils vivaient ensemble à Chabris, rue des Caillault.
Louis faisait profession de "rentier", peut-être faut-il entendre par cette "rente" - la modeste solde allouée aux vétérans du 1er Empire. Il connut tous les régimes, vécut la guerre de 70-71 contre la Prusse et s'éteignit sous la 3ème République, le 21 février 1873.
Il avait 85 ans.
Son cadet le suivit 5 ans plus tard


 

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