Denise Bardet
(suite)
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| (...) Or en 1933 Hitler déclare la guerre à l'humanisme : " Toutes les
philosophies ne sont compréhensibles que par rapport aux buts et aux
conceptions de vie de certaines races. Très difficile de prendre position
pour l'exactitude ou l'inexactitude de certaines idées si l'on n'examine
pas leurs effets sur l'homme sur lequel on voudra les voir utilisées." - négation de toute valeur humaine, de toute vérité; - soumission de la culture aux buts politiques de l'Etat (...) Il ne faut pas nier le caractère allemand du phénomène national-socialisme : - les millions d'hommes qui acceptent et soutiennent le régime sont des Allemands. Ils reconnaissent dans ce qu'il leur apporte " d'anciennes et tenaces valeurs germaniques " : exaltation de la force culte du chef idée mystique du Reich éternel mythe de la race Voici les tendances qui ont servi à l'asservissement de l'Allemagne " depuis Arminius jusqu'à Rosenberg " . - l'hitlérisme a des répondants dans le passé. Même la pensée des grands humanistes n'est pas étrangère à cette tradition germanique, et l'hitlérisme peut se réclamer de Hegel, de Wagner, de Nietzsche... (mais: immense différence de niveau, de qualité, entre la pensée de tels hommes et l'idéologie hitlérienne qui n'utilise à des fins grossièrement matérielles que les aspects durables de cette pensée.)
Problème : |
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Telles étaient quelques unes des réflexions que portait cette jeune enseignante sur les évènements tragiques qui agitaient notre pays. Ce qui n'occultait en rien chez Denise des pensées empreintes de romantisme et d'allégresse:
" Oh ! je veux vivre ! je veux
des amis, du monde, une maison. Je veux donner et dépenser.
C'est par ces mots que se referme le quatrième et dernier cahier. En 1943,
Denise Bardet, voulant se rapprocher de sa maman (veuve), et de son jeune
frère, demande et obtient sa mutation pour le village tout proche
d'Oradour-sur-Glane. Le 6 juin 1944, les Alliés débarquent en Normandie,
le 7 juin la Résistance fait sauter un pont de chemin de fer à
Saint-Junien dans le but de retarder les troupes allemandes qui convergent
vers la Normandie et font prisonnier un certain Kampf, ami personnel du
commandant Dickmann. Le 10 juin le lieutenant Kleiss de la gestapo et 4
miliciens mettent au point un plan de vengeance et d'intimidation. Le 10
juin, 14 heures, le commandant Dickmann établit son PC dans la ferme
Masset; en quelques minutes, le bourg d'Oradour est encerclé. 14 heures
15, la population est rassemblée sur le champ de Foire pour "un contrôle
d'identité". 14 heures 30, les enfants des écoles sont conduits sur le
Champ de Foire. 15 heures, les femmes et les enfants sont séparés
des hommes, puis, conduits et enfermés dans l'église. Vers 17
heures, les Allemands mitraillent à l'intérieur de l'église; de la
paille, des fagots, des chaises sont jetés sur les corps. L'église
est incendiée. |
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corps calciné d'une femme tenant un enfant
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intérieur de l'église après déblaiement
Robert Hébras: Oradour-sur-Glane,
éd.CMD,1992
Jean Bardet: les cahiers de jeunesse de Denise Bardet, éd.Lucien Souny,2002