Géographie

 
 
Pierre BLANCHARD, PETIT VOYAGE
autour du Monde,

 
ouvrage amusant,
propre à préparer
les enfans
 à l'étude de
la géographie,

 
10ème édition,
 Paris, Lehuby.
in-12, 263 pages

1834

 

Extraits du manuel de géographie

                                DES PRINCIPALES RACES D'HOMMES

        Tous les hommes qui habitent la terre ne sont pas de la même couleur; il y en a de blancs, de noirs, de bruns, d'olivâtres, de cuivrés; ils n'ontpas tous non plus les traits disposés de la même manière. Les différents climats sous lesquels ils vivent leur ont, à la longue, fait subir différentes modifications dans le teint et la physionomie; du moins, on le pense.
       (...)
      Les Tartares du nord ont le visage plat et large, le nez écrasé ou camus, les joues élevées, la bouche fort grande, les lèvres grosses et le bas du visage étroit. Ils sont de petite taille et trapus quoique maigres. Les Persans et les Asiatiques, qui avoisinent la Grèce, sont grands et bien faits. Les Indiens sont basanés et d'une couleur rouge mêlée de noir.
      C'est en Afrique que sont les hommes tout-à-fait noirs, et que l'on désigne sous le nom général de nègres.   (En italiques dans le texte)                    pp.33-34 

                                                    EUROPE

       L'Europe, quoique beaucoup moins étendue que l'Asie et les autres parties du monde, offre cependant un spectacle bien plus intéressant : c'est là que l'homme se montre plus civilisé et plus près de la perfection à laquelle il peut atteindre. Les sciences et les arts y sont cultivés avec le plus grand succès. Sa température est, en général, douce et modérée; au nord, elle est froide, mais pas assez pour nuire à la populaton et aux progrès de la civilisation; au midi, il ne fait pas de chaleurs asez vives pour en rendre le séjour désagréable : elle produit tout ce qui suffit aux besoins des hommes et tout ce qui fait leurs richesses.                                       p.36

                                                  
  FRANCE

          (...) C'est un beau pays, un de ceux que Dieu semble avoir favorisés sous tous ses rapports. Sa situation, presque au milieu de l'Europe, le met en relation avec les peuples les plus civilisés et les plus puissans : il a au nord les Anglais et les Hollandais, avec lesquels il rivalise d'activité pour le commerce; à l'orient sont les Allemands, qui ne sont pas plus braves que les Français sur les champs de bataille; viennent ensuite les Italiens, qui semblent nous avoir légué la gloire que leur ont anciennement value les beaux-arts; au midi, l'Espagne, à laquelle nous ne pouvons rien envier. (...) Par sa population, qui est de trente-deux millions d'habitans, elle peut non-seulement se défendre contre ses plus puissans voisins, mais encore se rendre redoutable et leur dicter des lois. Pendant vingt ans elle a vu l'Europe se soumettre devant elle, et il n'a pas fallu moins que toute l'Europe pour la vaincre. Mais si ses habitans sont forts par le nombre, ils le sont encore plus par le courage : aucune nation n'a droit de se dire plus vaillante que la nation française; aucune ne peut dire : J'ai acquis plus de gloire.                            pp.37-38

                                                        PARIS

           Paris est la capitale de la France. Si cette ville n'est pas tout-à-fait la plus grande ville de l'Europe, elle est, sans contredit, la plus belle et la plus magnifique. L'industrie de ses habitans et les prodiges des beaux-arts l'ont, en quelque sorte, rendue la capitale du monde  civilisé (...)
           La population de Paris, d'après les derniers recensemens, peut s'élever à sept cent mille âmes, peut-être même à huit cent mille. C'est là que l'on voit le Français par excellence, c'est-à-dire orné de tous les avantages que l'instruction et la civilisation peuvent donner à l'homme.                                                    pp.39-47

                                                                    BRETAGNE

(qqes extraits)  ... aspect peu agréable ... Les villages n'ont pas une très-belle apparence; ce qui vient encore moins de la pauvreté des habitans que de leur peu de goût... on cultive du sarrasin qui devient la ressource des pauvres gens. On en fait un pain qui est très-noir et peu agréable.(...) les Bas-Bretons ne ressemblent point aux autres Français : ils forment en France; comme une peuplade étrangère, et même une peuplade à demi-sauvage.(...) avec cet habillement, digne des sauvages de l'Amérique, ils ont conservé un langage que l'on n'entend plus que dans ces cantons. (...) leur ignorance est extrême et leur saleté fait soulever le coeur.(...) Une petite barrière de bois sépare simplement le cochon et la vache de la place où l'on mange. Sur les côtés du foyer on a établi deux espèces de grands coffres à double étage; c'est la-dedans que couche la famille.                           p.51

TOURAINE

          (...) en quittant Nantes, passons par Angers, qui est aussi une grande ville, mais qui n'a rien qui puisse piquer notre curiosité ; allons jusqu'à Tours, et arrêtons-nous là. C'est un beau pays, un pays que j'aime, parce que les habitans ont su profiter des bienfaits de la nature. On a nommé la Touraine le jardin de la France, et c'est à juste titre. (...). Supposez que vous alliez de Tours à Amboise, vous avez à votre droite le fleuve; vous marchez sur une belle chaussée ou route, que l'on a exhaussée à force de travail, et qui borde la Loire; à votre gauche sont des maisons, de petits champs, des jardins; un peu plus loin, seulement à trente, quarante pas, et quelquefois moins, est une colline coupée à pic, c'est-à-dire perpendiculairement, comme un mur. (...). les habitans ont imaginé de creuser cette masse pour y faire leurs demeures, asiles fort propres, qui ont des fenêtres, des cheminées, plusieurs pièces, et quelquefois plusieurs étages.(...). Tours n'est pas très grande, mais sa position la rend très agréable; elle est située sur la rive gauche de la Loire, et on y arrive en passant sur un très-beau pont. La rue qui est en face de ce pont passerait pour une des plus belles de Paris; elle traverse toute la ville. La population de Tours est d'environ vingt mille âmes.                   pp.56-58

                                                               Les GASCONS

          Les gascons sont connus de tout le monde. On les trouve partout : il est vrai que, nous autres français du nord, nous appelons Gascons presque tous les Français du midi : les habitans de Bordeaux, de Toulouse, les Languedociens, et même les Provençaux; il nous suffit de reconnaître un peu l'accent du midi, nous n'en demandons pas davantage : voilà un Gascon. Au surplus, tous les Gascons ne font pas des mensonges plaisans, et s'ils sont, comme tous leurs voisins, un peu vaniteux, il faut le leur pardonner en faveur de leur esprit.                          pp.62-63

      Le voyage à l'étranger que propose le professeur à ses élèves ne manque pas moins de piquant ; voici quelques extraits :

           Les Anglais, jaloux, envieux, ont presque dans tous les temps cherché à nous nuire (...) leur canaille nous insulte quand elle le peut. Chien de français, est unmot que le bas peuple prononce avec une joie grossière. Plus généreux, nous les avons longtemps accueillis avec empressement ...(...)                                p.86
          
Les Lapons sont remarquables par leur taille ; ils n'ont guère que quatre pieds et demi de hauteur : c'est le peuple le plus petit du globe. Ils ne sont pas tout-à-fait sauvages, mais ils ne sont pas civilisés non plus.                      p.102
              Le climat est extrêmement dur en Russie, et il est difficile à un habitant de nos climats tempérés de se faire une idée du froid qui y règne. Lorsqu'une personne sort dans la saison rigoureuse, le froid lui fait verser des larmes, qui gèlent aussitôt, et restent suspendues aux cils en forme de glaçons.           p.107
         
 Les lits sont presque inconnus en Russie ; les paysans n'en font aucun usage. La famille, en général, est couchée sur des bancs, à terre ou sur le poêle, espèce de four de brique qui occupe presque un quart de la chambre, et qui est plat par-dessus.                                                                                       p.110
         
L'Espagnol est paresseux (...) et attend la plupart du temps que les étran-gers viennent lui apporter une partie des objets qui lui sont nécessaires.       p155
          
Constantinople (...) on n'y rencontre que des hommes; les femmes, qui partout ailleurs font l'ornement des promenades, sont ici tristement renfermées. un musulman a droit d'avoir jusqu'à quatre femmes légitimes, et autant de femmes esclaves qu'il peut en acheter. On achète ces dernières au bazar ou marché.                                                                                                    p165

                                                              

On peut rapprocher ce manuel d'un autre livre de géographie, proposé aux débutants , paru en 1829 sous la plume de LE TELLIER et qui se présente sous la forme catéchistique de questions -réponses.

le Groënland (...) est habité par des hommes petits, trapus, et stupides.
(En Nouvelle-Zélande) les habitants sont peu civilisés.
(La Patagonie) renferme une foule de tribus sauvages. Les Patagons sont grands et robustes: ils vivent du produit de leur chasse et de leur pêche.

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