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Dictée
Le paysan français en 1791
Il n'y eut jamais un labour d'octobre comme celui de
91, celui où le laboureur, sérieusement averti par Varennes et par Pilnitz,
songea pour la première fois, roula en esprit ses périls, et toutes les
conquêtes de la Révolution qu'on voulait lui arracher. Son travail, animé
d'une indignation guerrière, était déjà pour lui une campagne en esprit.
Il labourait en soldat, imprimait à la charrue le pas militaire. Le boeuf
marchait comme un cheval, le soc allait âpre et rapide, le noir sillon
fumait, plein de souffle et plein de vie.
C'est que cet homme ne supportait pas patiemment de se
voir ainsi troublé dans sa possession récente, dans ce premier moment où
la dignité humaine s'était éveillée en lui. Libre et foulant un champ
libre, s'il frappait du pied, il sentait dessous une terre sans droit ni
dîme, qui déjà était à lui ou serait à lui demain...Plus de seigneurs,
tous seigneurs ! tous rois, chacun sur sa terre, le vieux dicton réalisé:
"Pauvre homme, en sa maison, roi est."
Est-ce que la France entière n'est pas sa maison,
maintenant ? Hier, il venait, trembler, mendier la justice par-devant
Messieurs, comme si c'était une grâce; il fallait payer d'abord, puis l'on
se moquait de lui. Lui-même aujourd'hui est juge, et il rend gratis la
justice aux autres. Le voilà, ce paysan, assesseur du juge de paix, membre
du conseil municipal, l'un des treize cent mille nouveaux magistrats,
électeur (il y en avait entre trois et quatre millions). Mais ce n'est pas
tout, mon ami, te voilà un homme public, un citoyen, un soldat, un
électeur; te voilà bien responsable. Sais-tu que tu as une conscience
qu'il te faut interroger ? Sais-tu que ce grand nombre de magistrats,
incessamment renouvelés, oblige tout le monde à son tour à devenir
magistrat ? C'est là, en effet, la grandeur de la Constitution de 91,
laissant la puissance publique très faible, il est vrai, serrant très peu
le lien politique, restreignant peu, contraignant peu, elle fait par cela
même un appel immense à la moralité individuelle. Elle dit à l'homme: "Tu
n'es plus un malheureux serf, qui peut renvoyer à son maître le soin de la
chose publique; elle est tienne, c'est ton affaire. A toi de la défendre
et de la gouverner, à toi d'être, selon ta force, la providence de
l'Etat."
Cet appel muet fut entendu. Ce ne fut pas moins que
l'éveil de la conscience publique dans l'âme de l'individu. Une inquiète
sollicitude de l'intérêt de la patrie, de celui du genre humain, remplit
tous les coeurs. Tous se sentirent responsables pour la France, et
elle-même pour le monde. Tous furent prêts à défendre, en la Révolution,
aux prix de leurs vies, le trésor commun de l'humanité.
MICHELET. (Histoire de la Révolution)
Les candidats expliqueront en note ce que signifient les trois
passages suivants:
1° Averti par varennes et Pilnitz; - 2° les conquêtes de la
Révolution; - 3° la Constitution de 91.
Une demi-heure est accordée pour relire et annoter.
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ARITHMETIQUE et GEOMETRIE
1°- Un cultivateur a fait deux
acquisitions successives: une première fois, il a acheté 2 hectares 75
centiares de vigne, et 3 hectares 34 centiares de de champ, et il a
payé le tout 15,042 fr.25. - Une seconde fois, il a acheté
deux parcelles de vigne, représentant: l'une, 1 hectare 72 ares 33
centiares; l'autre 28 ares 42 centiares et deux parcelles de champ: l'une
de deux hectares 25 ares; l'autre de 4 hectares 53 ares 75
centiares, a été payé, le tout, 23,316 fr 25. - L'hectare de vigne a
été payé le même prix dans chacune de ces deux acquisitions, ainsi que
l'hectare de champ. On demande quel a été le prix de l'hectare de vigne et
celui de l'hectare de champ.
2° Un losange a 5 mètres de côté; sa grande diagonale a une longueur
double de celle de la petite. On demande d'évaluer en mètres carrés la
surface de ce losange.
3° Une sphère a un rayon de 12
mètres; à quelle distance du centre de cette sphère faut-il mener un plan,
pour que la section obtenue dans la sphère ait une surface égale au tiers
de la surface d'un grand cercle. |