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Ecriture

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L'Encyclopédie (Diderot)
    "taille de la plume" "
  
     
     tailloir de plumes
            XVIIème s.

la gardienne d'oies

William Bouguereau
XIXè s.                !
 
Avant d'évoquer la plume "sergent major" de l'école "publique, laïque et obligatoire" de la Troisième République, encore convient-il de rappeler que pendant des siècles, il y eut des écoliers, des écoliers qui apprirent à écrire en utilisant des "plumes" de volatiles, plumes d'oie le plus souvent. L'écriture maîtrisée, certains de ces scribes devinrent notaires, et nous leur devons ces actes qui nous permettent aujourd'hui de plonger dans l'histoire de nos ancêtres; d'autres utilisèrent leur technique pour correspondre, rédiger des oeuvres de fiction, peut-on imaginer que l'oeuvre magistrale d'un Balzac, par exemple,  a été entièrement écrite ... à la plume d'oie ?
Par la minceur du penne, la taille de la plume nécessitait beaucoup d'habileté  et son usage, un doigté à la fois ferme et délicat. Ce doigté nous permet encore aujourd'hui d'admirer ces "pleins" et ces "déliés" recherchés par les calligraphes.
Les plumes s'usaient rapidement, selon l'usage qui en était fait, elle étaient fréquemment retaillées  et finalement remplacées. Voici ce que révèle un livre de compte de la seigneurie de Romesac au XVIIIème siècle:
 
Etat de ce que doit M.Beaubois fermier de Romesac de plumes d'oye neuves par an pendant les neuf années de son bail de Romesac reviennent à la quantité de 72 qui à 25 sols la dite plume fait 90 livres.
 
Ce qui représentait à 8 sols le boisseau,
 ............................................225 boisseaux d'avoine
à 37 sols le boisseau............  48 boisseaux de froment
à 15 livres l'unité....................................... 6 chèvres


valeurs empruntées à l'inventaire des biens des Rioland de Romsac
                                                                        doc:  Guy Guenais


Il ne suffisait pas de posséder des plumes, encore fallait-il composer l'encre; voici la notice de fabrication, telle qu'elle apparaît dans un ouvrage destiné aux enfants des écoles primaires (Choix gradué de 50 sortes d'écriture - Hachette,1840)
 
Pour faire l'encre noire ordinaire 4 parties ou poids de noix de galle, 1 de bois de campêche, deux et demie de sulfate de fer, 2 de gomme arabique. Broyez le tout ensemble dans un mortier et jetez dans 64 à 70 parties d'eau, faites bouillir et tirez à clair.

On imite l'encre de Chine, en broyant du bon noir de fumée avec de la belle colle forte, longtemps bouillie dans l'eau. On y mêle un peu de camphre ou de musc et l'on façonne cette pâte dans de petits moules puis on la fait sécher sur la cendre

La plume trempée dans l'encre ne fait pas oublier le crayon:

Les crayons ordinaires se font avec une substance que l'on trouve dans la nature et qui est une combinaison de charbon avec 4 ou 5 centième de fer. On la nomme plombagine, à cause de sa couleur de plomb; mais ce nom est impropre. On la scie en petits filets carrés que l'on colle dans l'intérieur d'un cylindre de bois de cèdre. On imite la plombagine en combinant directement du fer avec du charbon.                      (op.cit.)

 

 Il nous reste plumiers et encriers...

 

 

riche plumier
napoléonien

 

encrier
 porte-plume

 

modeste plumier
d'écolier

en faïence de Moustiers     



(à suivre)

 

 

        

 

 

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