Berry
et autres

les cloches de nos villages
|
Un peu d'HISTOIRE ... |
||||||||
|
Les premières clochettes en terre cuite sont - déjà - attestées en Chine,
5000 ans avant J-Ch. et dès l'époque des Xia, (première dynastie connue,
au 2ème millénaire) les Chinois maîtrisaient la fonte du bronze ! |
||||||||
|
|
||||||||
|
Le sacristain, ou bedeau, en avait la charge. Louis Rioland, de la grande
famille des tisserands de Châteauvieux (41), eut cet honneur et, pour
cette raison, fut inhumé (1730) dans le choeur de l'église ! Le sonneur
avait pour mission d'informer les villageois: l'annonce des offices comme
les "angélus" du matin (6h.), du midi (12h.), du soir (18h.),
rythmaient la journée. L'information pouvait être occasionnelle, c'était
alors l'occasion donnée au sonneur de faire "chanter" la cloche pour un
baptême, de la faire "rire" à toute volée pour un mariage, et l'on sait
que le bedeau avait ses petites manies : une petite pièce et la volée n'en
était que plus belle; parfois aussi la cloche "pleurait", c'était le
tintement lourd, sinistre du "glas" qui annonçait un trépas; dans les
champs, les paysans avaient compris, c'était la Marie qui n'était pas bien
depuis quelques jours qui s'en était allée, ou la Jeanne qui attendait son
petit, "ça se s'ra mal passé!". Parfois encore, mais plus exceptionnel, il
fallait prévenir d'un danger immédiat et le sonneur "toquait le saint",
d'où le "tocsin". Louis n'étant plus là, c'est son successeur qui dut
avoir cette dramatique mission quand, à Châteauvieux, le 19 décembre 1737,
tout un pan du coteau s'éboula, enfouissant plusieurs maisons sous des
tonnes de rochers: la communauté avait bien besoin de bras, la cloche
appelait au renfort comme l'actuelle sirène appelle les pompiers. On
mesure ainsi tout l'intérêt de la cloche (fût-elle modeste) ou des cloches
(dans un milieu plus urbanisé), au service de toute la communauté humaine. Néanmoins, la cloche portait en elle une double et terrible menace: elle était logée dans un clocher, le clocher dans une église (et la nuance entre la minuscule et la majuscule - église/Eglise - était bien mince), qui plus est, elle était en bronze ... les canons aussi ! Et c'est pourquoi en 1793, Lazare Carnot, insensible aux Angélus, aux baptêmes et autres "bondieuseries" décida, sans autre forme de procès, de fondre les cloches de France. Certains paroissiens nuitamment allèrent décrocher la précieuse messagère pour la soustraire aux commissaires du peuple, hélas! plus de 100 000 d'entre elles rejoignirent les champs de bataille, non pas pour chanter des Te Deum mais pour cracher des boulets ! * Les conflits terminés, d'autres cloches réoccupèrent les clochers; l'attente parfois fut longue, le clocher de Châteauvieux demeura silencieux pendant 39 ans ! Aujourd'hui, le modernisme aidant, les cloches sont électrifiées, certains affirment qu'elles sonnent faux : " Ah! mon brave Monsieur, il fallait voir les bedeaux tirer les cloches, il y avait dans ses bras de la force, de la souplesse, des vibrations !" - Gloire aux sonneurs de cloches ! alléluia !
|
||||||||
|
|
||||||||
|
Gloire aux sonneurs, fallait-il encore qu'il y ait des fondeurs. Au début,
les cloches n'étaient que deux plaques de métal rivetées entre elles. La
cloche rituelle de grande dimension, telle qu'on la connaît, serait
apparue en Italie au VIIème siècle. Les artisans furent longtemps des
moines, peu à peu remplacés par des artisans "civils" itinérants qui
"coulaient" au pied de l'édifice car le charroi était non seulement
difficile mais périlleux dans la mesure où l'on risquait de fêler la
cloche. Il fallait d'abord confectionner un moule, lui-même composé de trois parties: - le "noyau" en terre, qui allait correspondre au "vide" de l'intérieur de la cloche, - la "pauvre cloche", qui sera détruite pour laisser la place au bronze, - la "chape" extérieure qui allait supporter la température du métal en fusion. ( à partir du XVème siècle la cloche fut plus ou moins enrichie de décors au moyen de "la technique de la cire fondue".) Le moule terminé, il fallait procéder au coulage: le bronze était chauffé à une température de 1080 °C, puis en quelques minutes, voire en quelques secondes déversé dans les rigoles aménagées dans le moule. Le démoulage n'intervenait qu'après refroidissement, plusieurs jours étaient parfois nécessaires. Le travail n'était pas terminé pour autant, il fallait meuler, aléser, poncer, polir, pour améliorer le spectre sonore. C'est pourquoi on pouvait dire qu'il n'y avait pas deux cloches pareilles: les paroissiens étaient jaloux de leur église, de leur clocher.... de leurs cloches. Ainsi, à Tours (37), affirmait-on que les cloches de Saint-Julien étaient bien plus belles que celles de la cathédrale Saint-Gatien ! |
|
Vous avez vu sous la
main du fondeur,
Pendant le coulage, une
énorme quantité de gaz se dégage, |
![]() |
|
|
|
|
|
|
|
Aujourd'hui 23ième jour de may 1752 la grosse cloche a été par moy Mr
Pierre
Sainson prieur curé soussigné bénie suivant la permission qui m'a été accordée par Mr Very grand vicaire de son éminence monseigneur de la roche foucault cardinal archevêque de bourges en datte du 22 avril audit an signé very et majeone secrétaire laquelle cloche a été nommée Marie par joseph guillaume de bellevalle officier de feu son altesse royal mgr le duc dorléans régent du royaume petit fils de france et dame Marie anne hernault épouse de honoré jacque dumenil seigneur de préblasme. Les COUTS
fondeurs ............................................ 48 livres
En
tout.................................................92 livres 16 sols
.
la bénédiction de la petite
cloche a été faite par Mre pierre Sainson prieur dudit
Varennes soussigné en ayant obtenu la permission de Mr Damonville grand vicaire de mgr l'archevêque en datte du quatre septembre audit an laquelle a été nommée Marie par le Sr Louis Grados brunet et dame Marie Moreau.
IL en a couté:
pour les fondeurs ................................quarante livres |
|
|
A la lecture de l'article, notre cousin, Alain FOUGEROUZE, nous signale que:
"... le 18 octobre 1719, à Chitry (Yonne), la petite cloche fut baptisée |
|
| Relevé d'un baptême de cloche à MOULINS/Céphons en 1774... par Michel MARDON |
| l'analyse du document permet de détailler les différentes parties de la transcription: |
| la date | 13 juin 1774 |
| le prêtre officiant | GARROS, prêtre curé de Moulins |
| la cloche baptisée | la moyenne cloche (ce qui suppose au minimum 3 cloches) |
| l'autorité sollicitée | Monsieur DUBOIS, supérieur du Grand Séminaire, vicaire général de Mgr l'archevêque de Bourges, autorisation en date du 22 avril 1774 |
| nom de baptême | MARIE-LOUISE, le nom est celui de la "marraine"-bienfaitrice, (sauf quand un empêchement nécessite une procuration). |
| la parrain | Messire Silvain de CONSTANTIN, écuyer, sgr du Pin. |
| marraine |
Damoiselle Marie-Louise de GUENAND, fille de - messire Charles de GUENAND, chevalier, seigneur de Boisregnaud et autres lieux, chevalier de l'ordre militaire et royal de Saint-Louis et ancien capitaine au régiment du commissaire général de la cavalerie, - et de dame Madeleine HARDY, ses père et mère. |
| autre baptême : POULAINES 1616-1749 ...... par Guy GUENAIS |
|
L'abbé Duroisel rapporte les inscriptions qui figuraient sur les deux vieilles cloches, déposées aux environs de 1880 pour être refondues: |
| Petite cloche : S. JACOBE, ORA PRO NOBIS. JACOVES DE BOISVILLIERS, éCUIER, SIEUR DE BUXCEL P.- DAMOISELLE SABELLE DE RENARD DUBREUIL ESCUYER, SIEUR DE CHEVAULNE. M.TUPAIN 8 N. 8 F. LES DéMONIOST M' ONT FAISTE, L' AN 1616 |
|
Grosse cloche :
IAY éTé BéNIE L' AN 1749, Mre PIERRE CHARBONNIER éTANT CUREé SOUS LES
CHEVINAGES DE Mtre MARTIN SARAULT ET FRAN HéRAND IAY éTé NOMMéE
LOUIS-JEANNE PAR VéNéRABLE LOUIS-EMéRITE DU BAILLEUL ABBé DE BRAZELLES
(dans le texte) VICAIRE GéNéRAL DE RHODES ET NOBLE DAME JEANNE DE
LAMARCHE éPOUSE DE Mre HIPPOLYTE DE COUDREAU CHEVALIER S .Gal DE
BOISLARCHAY POULAINE SAINTE-CéCILE ET AUTRES LIEUX.
GAULARD ET DUPONT NOUS ONT FAIST.
|
|
Les nouvelles cloches ont été fondues par M.Chambon, de Montargis.
Les marraines ont été mesdemoiselles Jeanne et Marie de Brettes, et
madame Jolivet. Les parrains ont été M M. le vicomte Martial de Brettes,
l'abbé Pierre Broua et Le Corbeiller, directeur de la ferme-école de Cungy.
|
et voici quelques clochettes rapportées de par le monde ...
pour la visite, suivez la flèche
Ú