UN SEUL DÉPUTÉ DE L’INDRE VOTA LA MORT DU ROI
 
LOUIS XVI

                                                                                                 de notre correspondant Jean-Louis Strauss

          Les hasards de l’Histoire ont fait qu’on s’accorde généralement pour désigner sous le terme de Révolution le générique qui couvre la période qui va de  1789 à 1800. Dix années pendant lesquelles la France changera cinq fois de  Constitution pour ne pas dire de régime

          Une constitution tous les deux ans : qui dit mieux ! Comment ne pas évoquer les noms de ces six assemblées que l’histoire a conservés.

         - Assemblée constituante (5 mai 1789 – 30 septembre 1791)

         - Assemblée législative (1er octobre 1791  – 20 septembre 1792)

         - Convention nationale (21 septembre 1792 – 26 octobre 1795)

         - Le Directoire (27 octobre 1795 – 10 novembre 1799)

         - Le Consulat (1799 – 1804)

Tous ces changements s’opèrent sur le plan national à Paris. Il n’en demeure pas moins qu’ils furent l’œuvre des délégués – de représentants du peuple – on ne disait  pas encore des députés. Le plus souvent, ces hommes furent obscurs, quelques-uns demeureront dans l’histoire.

           Comment ne pas citer Mirabeau, La Fayette, Bailly, Marat, Danton, Robespierre…Le département de l’Indre fut représenté à la Convention par six représentants désignés par une assemblée qui se tint pour notre département à Argenton. Furent élus :
                           
                  PORCHER de Lissonay,
                  THABAUD de Bois la Reine (administrateur public du département),
                  PEPIN(accusateur public du département),
                  BOUDIN (administrateur du district de Châteauroux),
                  LEJEUNE (administrateur du district d’Issoudun),
                  DERAZAY (commissaire à terrier, au cadastre de Châtillon sur Indre).

 Des six députés désignés, un a été retenu par l’histoire, par l’histoire locale tout au moins. Une rue de Châteauroux porte son nom. Sa tombe est conservée au cimetière Saint Denis. Son parcours, comme celui de beaucoup d’autres, débutera par la Révolution, la mort du roi, pour finir au ralliement à l’Empire après le 18 brumaire.

           Guillaume Thabaud naquit le 27 novembre 1755 à Neuvy Saint Sépulcre. Il était le fils de Louis François Thabaud, fonctionnaire de la ville de Châteauroux. Très jeune, il assura des fonctions d’administrateur élu du district de Châteauroux puis du département. Il est nommé Guillaume Thabaud, sieur de Boislareine, ce qui permettra de le distinguer de son frère qui deviendra l’écrivain Henri de la Touche. Elu député de l’Indre à la Convention, il siégea parmi les Montagnards, vota la mort de Louis XVI. Chacun sait que la mort ne fut décidée qu’à une voix de majorité. L’exécution du roi, le 21 janvier 1793, place de la Révolution, devenue notre actuelle Place de la Concorde, eut un profond retentissement en France et dans le monde. Il est certain que la position de Thabaud-Boislareine ne facilita pas sa carrière en particulier au moment de la  Restauration. La rigueur de Thabaud-Boislareine fit contraste avec la clémence des cinq autres députés de l’Indre. Le département n’oubliera pas l’influence qu’exercera Thabaud dans ses fonctions de commissaire de la République en épargnant à l’Indre la venue pendant la Terreur de Carrier qui imaginait de vider  les prisons en utilisant le procédé sommaire des «noyades » dans la Loire. En 1795, Thabaud siégea au Conseil des Cinq cents et fut administrateur de la Loterie Nationale. En 1809, il est fait baron d’Empire et prendra le titre de baron de Surins eu égard au lieu dit de Niherne encore bien connu. Il représentera l’Indre pendant les Cent jours, mais classé parmi les régicides sous la Restauration, il sera contraint à l’exil d’où il ne rentrera qu’en 1819. Eloigné de la vie publique, il décèdera en 1836 en son château de Chamousseau où actuellement fonctionne une école privée. Thabaud-Boislareine repose au cimetière Saint Denis où l’architecture rappelle la période que nous venons d’évoquer.

                                                                                                                    Amédée RENAULT

 

                                                                      Monsieur Amédée RENAULT, Maire honoraire,
                                                                      va, à partir des archives, évoquer des
traditions locales
                                                                      et faire revivre des épisodes de l’histoire
                                                                      de Pellevoisin et de ses environs.

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