Berry
A la suite de la vente du
Marquisat de Mézières-en-Brenne
par Isaac Bartet au duc de
Rochechouart-Mortemart,
l'aveu et dénombrement en date du 1er août
1704
nous apporte des détails piquants sur les coutumes du pays de
Brenne
au XVIIème siècle et probablement bien en
deçà.
A.D.Indre F.179
le droit de pal et
quintaine à Mézières-en-Brenne
dû
par les meuniers des moulins de Mézières-en-Brenne, Moulin-Neuf,
Couzon,
Brochaut, Maugrat, La Relette, Roua (Roy), la Roche, Pilmy,
Taillebray,
Vieil, de Verneuil, La Motte, La Gravette anciennement Ragueneau,
Narzay,
Martizay, Durtal, Brée, Roux, La Mazère, La Moulière et Launay.
ledit droit consiste aux choses suivantes :
Tous les meuniers
desdits moulins sont obligés le lendemain de la Pentecôte
de comparaître
par-devant les officiers de la Justice de Mézières pour prêter
le serment
avant de tirer la perche.
Pour lequel serment
ils paient chacun 24 sols,
et les défaillants 1 écu d'amende par-dessus les
24 sols,
à l'exception seulement du meunier de Mézières qui en est
exempt.
La perche, pour
laquelle ils paient chacun 1 sol au fortier, se tire en cette manière:
le
meunier du moulin banal de Mézières - qui est le chef de la troupe
et
lequel a 4 livres 10 sols desdits droits à prendre
sur le produit de 24
sols dus par chacun des autres meuniers -
doit avoir et fournir à ses
frais
une musette et un aubois avec un chapeau de roses sur sa
tête
et sa perche qui doit être de 11 à 12 pieds de longueur
garnie
jusqu'au tiers de roses et autres fleurs et à laquelle
il faut donner
de la main gauche 3 coups de serpe pour la rendre plus facile à
rompre
et, en cet état, en
chemise et caleçon, bas et souliers,
venir au château à la tête des autres
meuniers,
et conduit par le sergent général du marquisat,
pour rendre
leurs hommages au seigneur, quoi qu'absent,
et ensuite chez les juges,
procureur de Cour et Substitut,
après quoi les officiers en habits décents,
tous, à la suite desdits meuniers, jusqu'au bord de la rivière
où se doit
tirer la perche
auquel lieu il y a une ramée faite aux dépens du meunier de
Mézières.
sous laquelle se placent lesdits officiers qui y restent
tant et
si longtemps que dure la cérémonie pour en être témoins
et prononcer sur le
champ les condamnations odinaires
qui sont de 3 livres chacune contre les
contrevenants
aux charges et devoirs dont ils sont tenus,
suivant lesquels
devoirs
tous lesdits meuniers en chemise, sans caleçon, sans bas et sans
souliers
sont obligés de rompre leurs perches contre un poteau planté dans la
rivière,
en passant devant ledit poteau sur un bateau conduit par 4
hommes
lesquels sont payés par le meunier de Mézières,
après néanmoins
avoir passé une première fois
pour saluer le seigneur et les officiers en son
absence
sans pouvoir forcer ni donner aucun coup à leur perche
à
l'exception dudit meunier de Mézières comme il a été dit ci-dessus,
et faute
de la rompre, la première, la seconde et la troisième fois,
ils sont obligés
à chacune fois de se jeter dans l'eau, ou
de payer un écu d'amende par
chacune fois.