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I
La généalogie
une branche des Sciences humaines
Il ne nous appartient pas de faire une
histoire de la généalogie, celle-ci ayant fait l'objet, déjà, de brillants
exposés, mais il nous paraît important de souligner que la généalogie est à
la racine de la pensée humaine. Dans l'inconscient individuel et collectif,
la généalogie est liée au problème existentiel de la mort et au besoin de
justifier notre propre vie par une permanence dans le temps.
Quelles que soient les civilisations, les premiers écrits ont
un rapport avec la généalogie : hiéroglyphes égyptiens, Bible, chants
homériques, etc. La mythologie gréco-latine est structurée sur le modèle de
la famille, quant au christianisme il établira comme dogme premier : l'Homme
est fils de Dieu.
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Les premiers, les monarques ont accaparé
la généalogie pour asseoir leurs dynasties, la noblesse a suivi pour
conserver ses privilèges et l' Armorial
de d'Hozier (entre autres) est connu de tous les historiens. Aujourd'hui,
les manants d'hier, les vilains, revendiquent le droit
d'appartenir à une lignée, le droit
d'appartenir à l'Histoire. En d'autres
termes, la généalogie s'est démocratisée, elle connaît depuis plusieurs
décennies un véritable engouement, qui n'a pas été sans "bousculer" les
archivistes, gardiens de la mémoire collective ! Mais en se démocratisant,
la généalogie a modifié ses buts ( plus de dynastie ni de privilèges à faire
valoir ! ) et profitant des progrès des sciences humaines ( l'Histoire - qui
n'est plus seulement événementielle, la linguistique - et plus
particulièrement l'onomastique ) , la généalogie s'impose peu à peu comme
une véritable science ... pour peu que certaines règles , comme dans toutes
recherches, soient respectées. |
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II
METHODE
1.- Exhumation, identification, classification |
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Certains universitaires toisent avec mépris les
généalogistes. Pour eux, le généalogiste relèverait des noms, accompagnés
d'une date, puis les alignerait en respectant la chronologie comme une
fillette qui enfilerait ses perles avec grand soin et dirait triomphante,
" regarde, maman,
mon beau collier ! "
à moins que, ayant un tempérament plus calculateur, il ne joue sur la
quantité comme un garçonnet compte ses billes:
" - T'en
as combien ?
- huit cent dix huit.........
- enfoncé, mon vieux, j'en ai neuf cent quarante douze !"
Que de tels comportements existent, c'est possible,
comme il existe des avares qui conservent jalousement leurs
"trouvailles" de peur d'avoir à les partager, à moins qu'ils ne soient prêts
à les monnayer. Mais ces comportements sont-ils si nombreux pour autoriser
les censeurs à les généraliser? L'expérience personnelle que nous avons des
Cercles Généalogiques départementaux nous a enseigné le contraire: le
sérieux, la coopération jusqu'au dévouement et même
un enthousiasme communicateur, facteur d'amitiés profondes.
Quoi qu'il en soit, cette première phase,
qui consiste à pratiquer le recensement le plus exhaustif possible, n'est
que l'antichambre de la généalogie.
C'est ce que nous appelons : l'exhumation. |
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2.- réanimation |
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Il ne suffit pas d'exhumer nos chers
"défuncts" , d'épingler sur le suaire un
numéro d'identification qu'il soit de Sosa ou d'Aboville, il faut ensuite
leur redonner vie et pour ce faire, les replacer dans ce qui était leur
cellule de base: la famille. Un homme est d'abord un fils, puis un frère, un
époux, un père, un grand-père. C'est pourquoi nous avons adopté la pratique
des "tableaux" qui résument tout l'environnement familial, permettant de
saisir d'un simple coup d'oeil une situation particulière. Comment
comprendre Louis Rioland, si on ne sait qu'il est le dernier d'une famille
de 10 enfants, que seules 2 filles, avant sa naissance, avaient échappé au
couperet de la mortalité infantile, qu'il est né de parents très âgés et que
son destin était d'être, très jeune, orphelin ?
Nous avons ajouté, dans ces tableaux, à chaque fois que c'était possible, les parrains et les marraines, car ils permettent de tisser
des liens de contiguïté (familiale ou simplement affective). A l'inverse,
comment ne pas relever telle bizarrerie : deux frères vivant dans la même
localité et aucun des deux n'ayant été parrain d'un neveu ou d'une nièce !
Quelle rivalité les opposait à ce point ? Rien n'empêche le généalogiste de
rapprocher les tableaux et de recréer ainsi un environnement familial
élargi.
C'est la deuxième phase de notre
recherche: à chacun de nos ancêtres,
une famille
( Nos
recherches n'aboutissent pas toujours à l'établissement d'un tableau; nous
livrons toutefois toutes nos informations - en vrac, si nous pouvons nous
exprimer ainsi - dans l'espoir qu'elles permettent aux
autres généalogistes de compléter leurs données) |
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3.- une re-lecture du temps passé |
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Notre ancêtre est maintenant ré-animé. Il ( elle )
s'assied à la table familiale, attise les braises de la cheminée, berce le
dernier-né. La troisième phase est de loin la plus difficile: recréer - à
une époque donnée - le milieu social.
La difficulté est celle de l'historien. Nous
observons le passé à travers la fenêtre vitrée du temps. Il faut se défaire
de toute subjectivité, sinon le regard se heurte à des prismes déformants, à
des miroirs - quand on croit pouvoir juger d'une situation à la lumière
(!) de sa propre expérience, ce n'est pas l'image de l'autre qui nous
revient, c'est notre propre image, notre ego. Cette recherche est
essentiellement concrète: c'est recueillir des témoignages, visiter une
vieille maison, inventorier une malle de "hardes", un coffre de livres
affichant avec fierté, sous leur couverture rouge, le palmarès de la
distribution des prix, c'est rechercher dans les études notariales, aux
archives départementales, un testament, un acte de vente, c'est visiter les
multiples musées locaux, inconnus de le grande foule, qui conservent avec
jalousie les mille et une richesses de notre patrimoine, c'est se pencher
sur une carte, celle de Cassini par exemple, pour retrouver, à une époque
donnée, le paysage, la répartition et la localisation d'un habitat,etc.
Alors que l'historien s'attache -le plus souvent - à brosser des
synthèses, le généalogiste s'attache à la vérité du détail. Historiens et
généalogistes ne s'opposent pas, ils se complètent. |
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III
CONCLUSIONS |
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La quête
d'identité est la motivation profonde du généalogiste, c'est une évidence; (
elle l'est d'autant plus dans certains cas particuliers: orphelin, enfant
naturel, parents émigrés,etc...) La place importante que prend la génétique
dans les sciences modernes ne peut qu'accroître cette recherche.
Mais la généalogie est beaucoup plus encore, en jalonnant le passé d'une
multitude de repères, elle permet de comprendre le cheminement parcouru par
la société au cours des derniers siècles, elle permet de nous situer sur
l'axe de l'évolution.
Enfin, tout en nous excusant de faire appel au vocabulaire du pathos, nous
dirons que la généalogie, c'est aussi un devoir de mémoire, et, pour
beaucoup même, - un acte d'amour. |
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