P O U L A I N E S
an IV |

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La population de Poulaines nous est connue grâce à l'article 1 de la loi du 10 vendémiaire, an IV ( 2 octobre 1795 ) qui faisait obligation aux municipalités de dresser le "Tableau des Citoyens au-dessus de l'âge de 12 ans". Ce tableau est conservé aux archives départementales de l'Indre ( ) sous la forme d'un cahier de 20 feuillets (39 pages) qui comprend 7 colonnes :
1.- Noms des habitan(t)s
tableau A.- du n° 1 à 687
Nous ignorons, à ce jour,
la situation politique de Poulaines, il semble que la commune était
alors administrée provisoirement par trois membres qui ont signé le
document : Louis DELAHAYE, c'est "l'intellectuel" de la jeune commune: il est notaire, âgé de 38 ans et vit avec sa soeur, Julie, 32ans, et avec sa mère, veuve, née Elisabeth SARAULT. En plus de la charge de notaire, Delahaye assurera, un temps, celle d'Agent des Contributions directes et sera bien noté par ses supérieurs hiérarchiques : "très intelligent"," très actif", "très surveillant", bien que ... " a mis un peu de retard dans la confection des notes ...", "n'a point envoyé les matrices...". François BERANGER, 35 ans, artisan-cardeur, représente la petite bourgeoisie locale. Il a épousé en 1783, Anne LOUET. Désigné secrétaire, c'est à lui que revient la rédaction du cahier. Pris
dans sa totalité, le document est bien conservé et lisible, malgré
certaines lacunes dues au papier de médiocre qualité, à l'encre trop
grasse, à la graphie du secrétaire Béranger et ...aux étourderies dudit ! Nous ignorons s'il s'agit d'un manque de rigueur de l'agent recenseur ou d'une subtilité du zonage de la commune. Poulaines possédant un cadastre Napoléonien, ce document devrait apporter des éclaircissements. Dans nos analyses nous avons abandonné la répartition en sections pour ne retenir que les lieux réels de résidence. 2.- Chaque section est ensuite divisée en "feux", c'est-à-dire en "maisons"; plusieurs familles pouvant vivre au même pot et au même feu, ce qui était le cas, entre autres, des domestiques. Deux erreurs se sont glissées: l'article D-23 est vide, par contre l'article B-64, résidence du contrôleur de l'Enregistrement GOYER , a été omis (peut-être volontairement car le citoyen - auquel on refusera le droit de vote dans la commune ! - semblait ne pas être perçu en odeur de sainteté) Quoi qu'il en soit, les deux erreurs s'annulant, le nombre des foyers s'élève à 337.
3.- Chaque citoyen reçoit un numéro d'ordre; à ce niveau,( la fatigue
aidant ?) le secrétaire Béranger a commis un certain nombre d'étourderies,
4.- La graphie des patronymes ( à un moindre degré celle des micro-toponymes, peu nombreux) incite à beaucoup de prudence. Les jambages des "petites lettres" (m n u v i t ) mêlés à des voyelles mal formées ( a o e ) rendent certains patronymes illisibles. De plus, le recensement ne se fait pas sur présentation ... d'une pièce d'identité ! Béranger ne connaît pas les 1158 citoyens de la commune, même si le nombre des patronymes est évidemment inférieur, il écrit comme il entend et le citoyen interrogé est bien incapable de lui dicter son nom, dans la mesure où la plupart des Poliniens de l'époque sont analphabètes. Par ailleurs, le rédacteur Béranger n'a pas une orthographe rigoureuse, il donne à deux patronymes qui se suivent, deux orthographes différentes ! Il cultive le doublement des consonnes; les prénoms inusités lui ont donné bien des tourments : Anriettes...Hellianne.... Dans la mesure de nos connaissances des registres de catholicité antérieurs, nous avons pu interpréter certaines graphies, mais pas toutes, c'est pourquoi, dans le doute, nous recommandons aux chercheurs de toujours vérifier - à partir d'un acte de mariage (ou autre) l'authenticité du patronyme, ce que rend possibl l'indication des âges et des années de présence dans la commune. 5.- Les âges combinés avec le temps de présence dans "l'article désigné" constituent une aide précieuse. Toutefois il convient d'être prudent et de vérifier la véracité des déclarations. Nous prenons comme exemple une famille qui nous connaissons bien : les Rioland, laboureurs, à Chambon.
A.- les âges et les temps de présence étant identiques, les Rioland habitent dans cette ferme depuis leur naissance. B.-le
recensement datant de 1796, Pierre est né en 1796 - 60 = 1736 C.- un
indice important : Anne figure sur l'acte alors qu'elle doit épouser
Hippolyte Veillat le 20 janvier 1796, lequel Veillat n'apparaît pas sur le
registre car il réside encore chez ses parents à Ste-Cécile. La conclusion
est évidente : D.- Une déduction s'impose, nous ne connaissions pas la date de naissance de Marie Limet, née à Rouvres, nous pouvons retenir celle de (1795-63) 1732, la recherche sur les registres de Rouvres en sera grandement facilitée. E.- La
composition de la famille est également riche d'enseignements: En conclusion, la déclaration de Pierre est fiable (il est impensable que ce soit lui qui se soit trompé sur les prénoms) mais le relevé du secrétaire-recenseur doit être pris avec prudence. 6.- Quelques exemples permettent de mettre en lumière l'intérêt de ce recensement: A)
même section: article 36 B)même
section, article 37 Nous nous efforcerons, à chaque fois que nous en aurons la possibilité, de compléter les informations fournies par ce recensement de l'an IV, mais nous espérons également que les chercheurs nous feront part de leurs propres découvertes et contribueront ainsi à l'écriture de cette histoire de Poulaines.
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