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Intime, feutrée mais
combien chaleureuse et émouvante Noces de Diamants offerte par la municipalité de Saint-Cyr-sur-Loire aux toujours jeunes époux André Lanchais et Yolande Rioland
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Les mariés étaient entourés de leurs 3 enfants: Yves, Sylvie et Martine; de leurs 4 petits-enfants: Carole, Florence, Evelyne, Anthony: et de leurs 9 arrière-petits-enfants: Andréa, Nathan, Océane, Eloïse et Mérédith, les jumelles, Vivien, Baptiste, Eugénie et Chloé, âgés de 11 ans à 6 mois. Outre les conjoints, des parents et des amis avaient tenu à partager ce grand bonheur du temps retrouvé. |
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| Vivien Nathan
Baptiste
Andréa Eugénie Mérédith Océane Eloïse Chloé |
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C'est à Madame LEMARIé, adjointe au maire et à Monsieur BOISGARD, conseiller municipal et ancien voisin des mariés, que revenaient l'honneur et le devoir de lire le registre d'Etat civil de l'époque, après avoir rappelé les articles 212-215 et 371-1 du Code civil et avant de prononcer les traditionnels: - consentez-vous à prendre pour épouse (époux), ici présente (présent) ? |
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Le 7 juin 1947, à 16 heures 35 minutes devant Nous ont comparu
publiquement en la maison commune, Yolande, Yvonne, Louisette RIOLAND hg
Séquence émotion après la lecture de l'acte et le baiser traditionnel
réclamé par l'assistance, les mariés demandèrent que soit associé dans les
pensées de tous le souvenir de leurs parents, tant aimés, et celui de
leurs témoins, notamment Madame Bellamy qui, à l'époque où,
présidente de la Croix-Rouge, elle avait été la compagne infortunée de la maman, Yvonne Rioland, après
son arrestation et son internement par la gestapo
nazie. Cette pensée qui à 60 ans de distance unissait cinq générations fut
particulièrement appréciée. hg |
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l'église
Saint-Julien et le quartier Colbert en 1947 avant la reconstruction
au fond, à droite formant angle, la pâtisserie-boulangerie des Rioland
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Ce moment de détente passé, avant de passer aux petits fours et aux
rafraîchissements, Monsieur Boisgard reprit la parole pour retracer dans
un discours chaleureux empreint de délicatesse ce que furent les
principaux épisodes de la vie du couple; c'est ce discours que nous
reprenons en le nourrissant de nombreuses anecdotes, reprises et
développées dans les conversations qui suivirent. Car, il ne suffit pas de
dire que le marié naquit rue Losserand et grandit dans le quartier Paul
Bert, pour communiquer aux jeunes générations ce que furent l'enfance et
la jeunesse du "papy" !
Certaines rues n'ont pas d'âme, si vous dites "rue de Lucé" vous n'évoquez
rien dans le coeur des tourangeaux, mais si vous dites "rue Colbert", vous
éveillez la vie de tout un quartier avec ses grandeurs et ses petitesses,
ses joies et ses peines: défile alors une série de portraits bien vivants
de personnes aujourd'hui disparues ! Il en est de même de la rue Losserand:
cette longue rue qui s'étire sur la rive droite de la Loire entre le "pont
de pierre" et le "pont de fil". Dominée (à cette époque) par le vaste
domaine que constituaient le Grand Séminaire et ses prolongements: le lycée
et la clinique St-Grégoire, cette rue en était totalement
indépendante, car elle était le
domaine en grande partie des "canuts" tourangeaux, travaillant à la
manufacture de soieries: ouvriers et ouvrières au travail méticuleux
empreint de beauté, nourrissant entre eux une grande solidarité et
communiquant cet esprit d'entraide à tous les habitants du quartier,
regroupés autour de la laïque Ecole Paul Bert. Un esprit si cohérent que
le quartier à plusieurs reprises s'intitula fièrement "commune libre".
Quand on habitait rue Losserand, on habitait un peu chez les uns, un peu
chez les autres! Cette atmosphère n'échappait pas à tout visiteur qui
pénétrait au 33 de la rue Losserand. Une fois dans la cour intérieure vous
étiez frappé par un nombre impressionnant de bicyclettes, car "le père Lanchais" était un bricoleur né, et les voisins lui apportaient qui, un
rayon cassé à remplacer, qui des patins de freins ou une dynamo... si bien
que le jeune André devint à son tour un touche-à-tout (bon sang ne saurait
mentir), il le prouvera plus tard en construisant lui-même sa maison après
en avoir dessiné les plans ! Pour l'heure, il est jeune et il ne se contente
pas de régler la selle de son vélo, il appuie sur les pédales et son défi
à lui, c'est la côte du cimetière: à ce petit jeu, départ arrêté place
Paul Bert, les défis se succèdent, le "champion" n'aura pas son égal !
De l'autre côté, sur la rive droite, l'enfance et la jeunesse de Yolande
n'avait guère été différente. Chez les Rioland, on riait beaucoup, on
chantait beaucoup mais on ne lésinait pas sur le travail. Avant de
rejoindre ses camarades à l'école Voltaire, la jeune écolière devait
enfiler son tablier tout propre, emplir la manne en osier de viennoiseries
et livrer aux hôtels et restaurants fort nombreux dans la rue Nat'
(prononcer : rue Nass) et au
retour de l'école, enfiler le tablier "de travail", descendre au fournil
et aligner les biscottes sur les tôles en vue de leur cuisson, ou, avec
mille précautions les ensacher pour la vente. Et si certains esprits
chagrins accusent les travaux manuels de nuire aux études, qu'ils sachent
que la jeune Yolande obtint brillamment son "certif", un certificat
exigeant qui était loin d'être... une formalité !
... les difficultés demeurent. La guerre est finie, certes, mais la
ville de Tours et sa banlieue sont en ruine. Les ponts sont coupés, on
passe d'une rive à l'autre de la Loire sur des échelles, assez vite
remplacées, il faut le dire, par des passerelles. Les denrées sont
toujours rationnées. Après un court passage "aux Sables" à
Saint-Avertin, le couple s'installe "au Nid", une petite maison qui a
l'avantage de posséder un bout de terre vite transformé en potager.
Un luxe? quand on sait que l'eau courante n'est pas rétablie ! Une vieille
baignoire achetée "aux puces" recueille l'eau de pluie, pour l'eau potable
il faut à la jeune épouse qui attend son premier enfant descendre au bas
de l'église pour aller ... à la fontaine, et remonter la rude côte un
lourd seau dans chaque main ! Quant aux visites médicales, l'unique
solution pour le jeune époux est d'installer la future maman sur ... le
cadre de sa bicyclette et de pédaler jusqu'à Tours !
A
sa retraite André poursuivra ses activités comme chauffeur dans l'entreprise Gault et Frémont et fera prospérer le petit domaine hérité de ses
grands-parents à Saint-Médard (36) en développant un verger de noyers et
de pommiers; le "pommologue" prendra bien soin de sauvegarder les
espèces en voie de disparition... sans pour autant négliger le jardin de
proximité de l'île Aucard, hérité de ses parents! Quant à
Yolande, sa vie fut tout aussi active: entre les activités éducatives et
ménagères elle prendra une carte VRP afin d'occuper les moindres
interstices de temps libre; toutefois sa grande occupation demeure et
demeurera la généalogie. Madame Lanchais, née Rioland sera l'une des
toutes premières adhérentes du Cercle Généalogique de Touraine, à une
époque où cette activité n'était pas reconnue et ne connaissait pas
l'engouement dont elle bénéficie aujourd'hui. Il fallait user du
sourire le plus engageant pour affronter certains secrétaires de mairie
revêches, qui considéraient ces nouveaux visiteurs comme des importuns,
pour obtenir d'eux qu'ils dénichent ces fameux registres de catholicité
perchés, comme oubliés, sur des étagères le plus souvent poussiéreuses. Il
fallait se faire une place, parfois sur les seuls genoux!, pour ouvrir ces
témoins du passé et avec mille précautions, son bloc-notes, son crayon et
sa gomme, déchiffrer une écriture, parfois illisible, et inlassablement,
copier, copier, copier. Puis, une fois retourné sur sa table de travail,
déchiffrer, interpréter, établir des fiches, classer, dessiner des arbres
qui seront complétés quand il ne faudra pas les recomposer en entier à la
suite d'une fausse piste! ( Les "génés" d'aujourd'hui mesurent-ils la
chance qui est la leur de bénéficier des progrès techniques des logiciels
informatiques et de la
reproduction, plus particulièrement numérique ? ) C'est dans
ces conditions très artisanales que Yolande réalisera la généalogie des
Rioland tisserands de Châteauvieux, mais elle n'en restera pas là, elle
entreprendra les autres branches, celle des Vioux, des Mangeant, des
Lanchais, etc... et tout en faisant ces recherches, elle fréquente les
vide-greniers, les vieux papiers, accumulant le plus possible d'archives
dont elle tapisse ses classeurs, combien ? je ne saurai dire, mais le
sait-elle, elle-même ? "Ainsi, le temps passe très vite, conclut Monsieur
Boisgard après avoir rappelé quelques souvenirs personnels de
jeunesse dans ce quartier de Cottages parc, malgré quelques problèmes
de santé, notre couple est le reflet d'une union heureuse, un exemple.
Bravo, et rendez-vous dans 5 ans pour les noces de palissandre." La cérémonie se poursuivit par un repas commun pris dans l'intimité familiale. |
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